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Une histoire à découvrir

Backrooms en plein air

Je m’appelle Jean-Pierre, ce qui n’est pas une réussite. J’ai eu trente ans il y a près d’une semaine. C’est peut-être pour cette raison que je vous écris. La vie ne m’a pas donné ce que j’attendais d’elle. Je n’attendais rien de précis, en vérité, sinon de l’amour, l’amour d’un homme, et de beaux matins ensoleillés à partager à deux.

J’ai raté mes études. Dans ce petit collège de province, je me suis enfoncé. Je me suis retrouvé à faire plein de petits boulots, et puis j’ai passé mon permis poids-lourds, parce qu’un ami de mon père avait besoin de chauffeurs. Non, je ne suis pas devenu routier, fantasme de beaucoup de vos lecteurs. Après avoir fait de la livraison, j’ai quitté ma petite ville pour la banlieue parisienne, et aujourd’hui, je livre... du béton. Des centaines de tonnes de béton pour tous les chantiers de la région. Ce qui, vous en conviendrez avec moi, est d’un grand romantisme. Je conduis une bétonnière bleue, je livre du béton, je retourne en chercher, et le soir, je lave ma bétonnière avant de rejoindre mes pénates, crevé.

Si la vie ne m’a pas permis de jouir de ce que j’attendais d’elle, dame nature, de par mon père, m’a doté d’un beau corps de mec, solide et musclé naturellement. Ajoutez à ça la combi bleue, le casque blanc et les bottes, et vous avez là de quoi faire saliver certains de vos lecteurs.

Je n’ai jamais rencontré Mr Right, comme disent les Anglo-Saxons. Où plutôt, j’ai cru le rencontrer au moins une dizaine de fois. Mais c’était des instables, des mythomanes pour certains, comme beaucoup à Paris. Alors, je me suis tourné résolument vers le sexe, le cul, la bite, la bite au cul et dans le cul. Et sur les chantiers, il y a toujours des occasions à prendre...

Je ne travaille pas sur les chantiers, je ne fais qu’y passer, mais j’ai fini par découvrir, à force d’avoir la bite toujours aux aguets, des scènes bien croustillantes. Il y a du pédé qui sommeille un peu partout, même dans ces milieux dits virils. Des contremaîtres vachards qui aiment défoncer les culs musclés des pauvres bougres qui travaillent sous leurs ordres au mépris de toutes les règles de sécurité. Les accidents sont nombreux, les culs éclatés aussi! Moi, je profite de tout ce qui me tombe sous la main. L’été, quand il fait chaud, j’exhibe mon poitrail poilu et imposant, et ça marche! Il y a toujours un type que ça fera bander. Et vice versa!

J’ai fini par m’y faire. On voit un type, mégaviril, il pisse contre une palissade, jambes écartées. Il est en combi dégueu, les bottes pleines de boue, comme moi. Et puis, d’un coup il se retourne vers vous et vous fait un petit sourire vicelard. Pas besoin de discours. Il se renfile la limace dans le froc et vous entraîne dans un petit coin tranquille, à l’abri des regards. Il y a toujours au moins un endroit de ce genre sur un chantier, et qui sert pour beaucoup de monde, croyez-moi... On le suit. Et puis après, ça va vite. Pas de temps à perdre. Le mec se tâte la braguette. C’est bien gonflé là-dedans. Soit le mec joue sa salope, et il veut se faire enfiler ou la plupart du temps vous piper un bon coup. Soit c’est le contraire, et il vous demande: “Ça te dirait que je te la foute bien profond?” Ou encore: “J’ai les boules! T’as pas envie de me dégorger le poireau?”

Alors, on y va. J’ai le barreau déjà dur depuis un bout de temps. Le mec sort son pieu. C’est toujours beau à voir, une queue sortie d’un froc, raide, agitée de tressautements, avec le gland encore calotté ou déjà à l’air libre, luisant, rouge, appétissant. Et puis la main du mec qui ne peut s’empêcher de se caresser les burnes, le regard brillant, les lèvres humides. On va tout de suite à l’essentiel. La main au paquet. On se pelote le pacsif, on évalue le boudin. Après, tout dépend. L’un des deux s’accroupit et s’enfile la trique dans la gueule pour une pipe de première bourre. Ici, pas de chichis. Pas le temps. Pas le temps de dire: “Toi, tu m’plais...” On s’enfile le morceau, on lèche bien la couronne du gland, parce qu’on sait tous, nous les mecs, que c’est super-jouissif. On suçote le trou à pisse, le frein, on suce à fond quelque coups, et puis on s’arrête, faut pas que ça gicle en deux minutes. Quand même! Après, on passe aux pruneaux. On se les fourre en bouche, on les triture, on les masse, on les salive bien, on fait monter le jus dans les tiges. Moi, j’aime bien qu’on me les tire à me les arracher. J’ai de bonnes grosses couilles pendantes. J’en bande tellement que j’ai le barreau collé au nombril.

J’aime pomper de la barbaque mâle. C’est normal. Je suis pédé! J’aime bien quand ça pue un peu. Mais pas de trop. Il y a des mecs vraiment dégueu; aucune pute n’accepterait. Peut-être pour ça qu’ils se draguent des mecs... J’aime sentir un bon gros morceau m’emplir la bouche, me distendre les joues. J’aime bien le contraire aussi. Voir le mec, toujours en casque de sécu, s’agiter au bout de votre gland, vous titiller la boutonnière, les pieds dans la boue, et lui imprimer le bon rythme en le saisissant à la nuque, jusqu’à ce que la purée vous monte dans la colonne, jusqu’à lui cracher le jus à fond la gueule, lui en foutre la dose et l’obliger à tout avaler!

On s’encule aussi. C’est plus rare, parce qu’on a rarement beaucoup de temps. Il arrive même qu’on se retrouve à trois. Le plus salope se fait enfiler comme une truie et bouffe la bite du second en même temps. Ça ramone à tout berzingue, de bons coups de bites qui coulissent dans un fion écartelé, le froc aux chevilles, et entre des lèvres goulues, déformant des joues mal rasées, des bouches de mecs à moustaches. Comme il y a toujours du boucan sur les chantiers, on peut gueuler. “Vas-y, salope, remue ta croupe! Tu la sens ma grosse bite qui t’éclate? Allez, suce mieux, aspire, tète bien, j’vais te filer mon lait! Viens me traire les couilles, éponge à foutre! Salopard, tu me chies sur la bite!” Etc, etc.

Rien d’autre. Ni caresses, ni coquetteries préparatoires. On a intérêt, si on se fait enfiler, d’avoir un cul docile et qui s’écarte bien et vite! On commence par se faire doigter le cramouillard, un doigt, deux, trois doigts. Faut que ça mouille vite, sinon, un bon glaviot bien gras sur la rondelle, ça remplace le lub. Une capote (toujours avec moi, le safe sex, la plupart ne connaissent pas, eh oui!), et vas-y, cocotte, deux mains rugueuses vous écartent les miches, le gland se pose contre votre anneau, et vlan! La bite à fond dans le cul, même si tu gueules, même si t’as mal! Faut que ça rentre, que ça tringle à grande vitesse, et que ça te jouisse au fond du bide. Après, le mec décule vite fait et balance la capote pleine dans la boue. Des fois, quand le mec m’a plu, je lui demande de me verser le contenu sur la bite et les couilles. Parce que, bien sûr, l’autre ne s’est pas préoccupé de ton plaisir pendant qu’il te limait le derche. Si t’as pas joui, tant pis!

Le mec se tire, et je me finis en me paluchant le manche tout visqueux de foutre gras, et je gicle ma sauce dans la boue, à mon tour. Des bites, des grosses, des moins grosses, des qui sentent le savon, d’autres qui puent la pisse, des culs glabres, poilus, musclés, massifs, des qui sentent le savon, d’autres qui puent la merde, des gueules en sueur, des lèvres ouvertes, des lèvres qu’on n’embrasse jamais, des joues mal rasées qu’on ne caresse jamais, des grosses paluches aux ongles fendus, comme les miennes, dont on ne suce jamais les doigts, des tétins que parfois on pince avec cruauté. Jamais avec tendresse. Et puis, il faut de nouveau aller chercher du béton, de nouveau le livrer.

Le soir, je suis trop crevé pour avoir envie de ressortir. Rarement, je vais en boîte. Une fois, je suis tombé sur une soirée “spécial chantier”. Ils étaient tous avec leur combi impec, leurs casques neufs achetés au BHV, leurs bottes qui n’avaient jamais connu que la moquette de leurs salons. Quelle bande de zozos pitoyables! Des fois, je tire un coup, je file mon téléphone. On ne rappelle jamais. J’ai pourtant été “super”, “génial”. Je me retrouve seul dans mon pieu de célibataire, et je chiale. À trente ans!