Une histoire à découvrir
Baraqué, nuque épaisse
Un jour, deux phénomènes se sont conjugués : le garçon avec qui j’avais vécu deux ans et demi m’avait quitté, et un reportage sur l’enfer des prisons à la télé. C’est à la fin de l’émission que j’ai pris ma décision. Dans beaucoup de magazines, j’avais vu des taulards qui cherchaient un réconfort moral, voire plus, majoritairement une femme, bien sûr ; mais, dans quelques magazines pédés, d’autres qui cherchaient le soutien d’un mec.
Avant d’aller plus loin, qui suis-je ? Trente-six ans, ingénieur informaticien, 1m80/74kg, châtain, yeux marron, dégaine Marais, ni beau ni moche, mais naturel et pas efféminé, un mec comme beaucoup d’autres, quoi ! À ma décharge, au milieu de beaucoup de défauts, je dirais que je suis tendre et un peu romantique. En amour, j’aime assez être dominé par un mâle. C’est comme ça, la vie !
J’ai répondu à une annonce, je me suis lancé à l’eau. Le type en question avait encore un an à tirer, il avait fait la moitié de son temps. Qu’on s’entende bien : je ne vous parlerai pas de la "zonzon" comme ils disent. C’EST l’enfer ! Je ne souhaite à personne de se retrouver à Fresnes. Les bâtiments, les grilles, les matons, la promiscuité et toute cette violence...
François, lui, avait trois ans de plus que moi. D’après sa description, il faisait très masculin, costaud, musclé, chauve (et alors ?), il se disait beaucoup plus tendre que son aspect. Je ne vous dirai pas pourquoi il est tombé. On a correspondu longtemps avant que je puisse avoir l’autorisation d’aller le voir au parloir. Il n’avait pas de photo de lui, alors, la première fois, ce fut la surprise...
Lorsque je suis sorti de cette forteresse, j’étais miné. Il donnait l’air d’être gentil, mais physiquement, il n’était pas mon genre. Viril certes, mais trop baraqué, une nuque épaisse, bref, pas d’attirance physique. Mais ce n’était pas grave, j’allais continuer de l’aider : courriers, colis, un peu de cash, il n’était pas trop gourmand.
Et puis, un jour de janvier, il est sorti, et j’étais là. Il est venu chez moi. Je l’ai invité dans un bon resto, ça lui changeait. Et après on est revenus, on a bu, lui, il a fumé. Et plus je l’écoutais, plus je le regardais, et plus j’avais envie de lui. J’étais partagé entre le désir et le dégoût. Très bizarre ! Était-il vraiment gay comme il le prétendait... ?
Il a posé son verre, s’est levé, s’est penché vers moi. Mon cœur a battu la chamade. Puis il m’a embrassé, si tendrement... J’ai fondu. Ses mains ont entouré ma nuque. Notre baiser s’est fait plus fort, plus profond. Je me suis levé. On s’est enlacés, et là, la "totale pelle" à s’en étouffer, collés l’un à l’autre. Sa bouche était bonne, sa langue, dominatrice, c’était bon. On s’est regardés, haletants, et de nouveau un patin, plus fort, serrés à s’étouffer. D’un coup, les chemises ont volé, on s’est retrouvés torses nus. Et c’était reparti pour un patin d’enfer et des palpations partout. J’ai senti nettement sa gaule contre mon aine. Il m’a dit : "Si tu savais comme j’ai envie, depuis tout ce temps !" Je lui ai répondu : "Eh bien, on va rattraper tout le temps perdu, on a toute la nuit déjà, et demain, et après-demain ! Ça te suffira ?"
La bouche de François, ça, il savait s'en servir. Pour embrasser, avec autorité, sa langue fouillant profond, ses bisous "méchants" dans le cou, sa langue encore plantée en plein dans mon trou de balle écartelé. Sa bouche, toujours, hermétiquement ventousée à ma bite, allant et venant sans se lasser, remplie de mes burnes, comme la mienne était pleine des siennes. Ça oui, il aimait ça, la bite ! Même dans son cul, contrairement aux apparences. Et il a vite su, au bout de cinq minutes, que j’étais très sensible des tétons, tout comme lui. On s’en est donné du plaisir, des heures durant, à s’asticoter sans un temps mort les nibards, qui finissaient par devenir très durs et par bander littéralement. On se faisait ça mutuellement, doucement, tendrement, méchamment, férocement, on se faisait du bien, du mal, tout en s’embrassant, nos queues enserrées dans la même main, à tour de rôle.
La queue de François ? Normale, un petit 18, comme moi, la sienne, plus en arc de cercle, la mienne, toute droite, moi, un gland moyen, lui, un gland "champignonnesque". Lui, des couilles pendantes, un peu comme un boxer. Qu’est-ce que ça m’excitait de les voir pendouiller entre ses cuisses... Et sa queue, il me l’a plantée bien profond, et j’en redemandais. Il jouait les salauds machos, moi, les salopes nymphomanes, on aimait ça. J’écartais les cuisses au maximum tout en les relevant, il approchait son gland, et il me faisait languir, il me titillait, comme ça, jusqu’à ce que je lui gueule : "Mais fourre-moi, chéri, enfonce ta grosse queue dans mon ventre, vas-y, j’en peux plus !" Alors, il commençait à me pénétrer, je m’écartelais, je m’ouvrais en toute confiance pour lui, et François m’empalait, me transperçait et me limait l’œillet comme un étalon, sans faiblir, juste ralentir pour s’amuser, pour que je lui crie encore : "C’est trop bon, fais-moi gueuler, François, fais-moi gueuler, défonce-moi à mort ! !" La plupart du temps, j’avais à peine à me toucher pour orgasmer comme un malade. Pendant qu’il me pilonnait à couilles rabattues, moi, je me pinçais les nibards, et je l’admirais en plein effort, couvert de sa bonne sueur odorante, volant par ci par là un baiser plein de salive, je lui demandait de me cracher dans la bouche de bons gros glaviaux, quel pied ! !
François, même s’il était un peu macho sur les bords, parfois, aimait bien changer de rôle. Il me demandait de l'enculer comme la pire des putes. Là aussi, il se lâchait, le bougre ! Il fallait que je le prenne dans toutes les positions, mais sa préférée, c’était par-derrière, face au grand miroir de la salle de bain. Ça lui plaisait de se voir emmanché jusqu’à l’os. Il pouvait devenir très vulgaire, s’insulter lui-même, m’ordonner de le traiter de cochon, de vide-couilles, de chienne à remplir... Je devinais qu’il avait dû connaître ça en beaucoup moins drôle en zonzon. Il lui arrivait, en fin de limage, à geindre tout comme le ferait un jeune enfant. Il donnait l’impression de partir dans un autre univers, les yeux mi-clos. J’arrêtais alors de claquer son gros cul de mâle, et je me concentrais sur l’accélération progressive de mes coups de boutoir. Et quand je jouissais dans son trou, éjaculant mes litres de foutre chaud, il se mettait à sourire de manière extatique.
Ça a duré à peine six mois entre nous doux, mais c'était prévisible. On vous jette de la prison, et on vous abandonne à votre sort. Débrouille-toi après pour te "réinsérer", comme ils disent. Rien n'est fait, ou si peu, et uniquement des initiatives privées. Alors, François a replongé, enfin, je le suppose. Il a recommencé à voir ses copains, à sortir tard, à aller dans les bars, les boîtes. Il était toujours gentil et tendre avec moi, mais on était comme deux mondes parallèles, lui en train de pioncer quand je partais au boulot, et moi, le soir, trouvant l’appart désert. On faisait moins l’amour ensemble. Il n’a jamais été vénal, quand il avait besoin de thune, je lui en donnais, quand il en avait (je ne voulais pas savoir comment, de toutes façons, il ne l’aurait jamais dit), il dépensait tout ou presque avec moi, en resto, en fringues, en conneries, il me faisait des cadeaux, comme pour se faire pardonner. J’ai aimé sincèrement François, mais je savais depuis le début que ça ne durerait pas. Lui aussi, je crois qu’il m’a aimé, à sa façon. Et puis, une fois, il a découché pendant trois jours. J’ai cru devenir fou, j’ai appelé les hôpitaux. Quand il est rentré, je lui ai demandé de partir, qu’il prenne son temps, mais qu’il parte. Il est parti.
Je ne regrette rien. Je n’ai plus de nouvelles de lui, il a disparu de ma vie. Mais j’en ai eu du plaisir avec François, oh oui, beaucoup de plaisir. Celui qui le remplacera, je ne l’ai pas encore trouvé. J'en veux surtout à cette société de merde de l'avoir gâché, lui.
Julien, 36 ans