Une histoire à découvrir
Beaux quartiers (03)
— Désolé... J'ai pas pu me retenir... Et puis... je t'ai sali le visage... dit-il d'une voix chagrine.
— Tût tût tût... Tu ne m'as pas sali, tu m'as décoré de ton jus, nuance ! Puis tout bas dans le creux de son oreille : Tu sais ce qu'on va faire ? On va se reposer quelques minutes, le temps que tu reprennes des forces, en se faisant un gentil câlin et puis on va reprendre les choses au chapitre II, tu sais au moment où je te léchais les boules...
— Euh... J'ai... Euh... Le droit à une deuxième fois... ? Dit-il d'une toute petite voix inquiète.
Il n'est pas croyable ce mec ! Je manque d'éclater de rire mais tout de suite après c'est la rognasse qui me prend, une grosse colère pas feinte. Je le saisis aux épaules et le secoue.
— Putain, mais tu me prends pour qui ? Tu me prends pour un clodo qu'avait besoin de maille pour bouffer ce soir ? Une pute avec un compteur ? Cling ! Terminé ! Au suivant ! T'as rien compris, hein ! T'as pas compris que je te kiffe grave, que j'ai envie de te bouffer tout cru, te sucer de partout puis que tu t'allonges sur moi, là sur ce lit, et que tu m'enfiles ta bite dans le cul même si c'est pas prévu dans le contrat ! « J'ai le droit à une deuxième fois... » continuai-je en caricaturant sa voix à l’excès. Ben oui Pierre-O, et une troisième et une quatrième si tu veux, histoire de rester le plus longtemps possible avec toi parce que crois-moi, quand je passerai la lourde, tout à l'heure, j'aurai un sacré pincement au cœur.
Je vois son visage se décomposer sous le flot de mes paroles et ses yeux s’emplir de larmes. Avant que j'aie pu réagir il s'est détourné et clopine vers le lit. Ça fait très manchot empereur sur la banquise sa démarche, avec le fûtal aux chevilles, mais un manchot empereur avec le plus beau cul que l'on puisse imaginer : un cul que même le plus perfectionniste des sculpteur ne rêverait pouvoir exécuter, un cul dont on a envie de se remplir les mains ou mieux, à rester à contempler sans bouger, en dévotion. Pierre-Olivier s'abat en travers du lit, sur le ventre, les jambes à moitié sorties, les bras repliés sous sa poitrine et sanglote doucement. Entre deux hoquets je l'entends dire :
— J'suis un con, un vrai con... J'ai encore tout foiré... J'suis un incapable... Un inutile...
Un qui est super emmerdé, c'est Mohamed. Merde, me voilà en plein psychodrame. À moi Mireille Dumas, au secours ! Je ne sais pas quoi dire, pas quoi faire, je me sens fautif mais j'ai été sincère, j'ai pas calculé les conséquences. Heureusement qu'il est né de ce côté-ci de la Seine, le petit biquet, car il n'est pas équipé pour vivre dans la vraie vie. Ce mec, tu le lâches dans la cours de mon lycée, il se retrouve à poil avant la fin de la matinée, il se fait taxer jusqu'à son boxer CK. Ouais, emmerdé et désolé, Padawan Momo il est. Alors, comme je n'ai pas les mots, je fais le geste, je viens m'allonger doucement sur son dos. Je force un peu pour glisser mes mains sous ses bras serrés contre ses flans, pour les passer sous sa poitrine et l'attraper aux épaules, puis je me relâche et pèse de tout mon poids, le couvre mieux qu'une couette pour réchauffer son petit cœur transit. Je colle ma joue à sa joue couverte de larmes. Il saisit mes poignets dans ses mains et les serre très fort et nous restons là, sans bouger ni rien dire, attendant qu'il se calme. Nous devons avoir l'air un peu cons-cons comme ça, à moitié agenouillés au bord du lit mais les amants qui s'aiment ne sont jamais ridicules.
Que c'est bon d'avoir un corps collé au sien, un corps nu et chaud, un corps doux et souple, un corps qui respire, soupire d'aise et se détend. J'adhère ma poitrine à son dos, mon ventre à ses reins. S'il le fallait j'échangerais volontiers toutes les pipes que j'ai reçues et toutes celles que j'ai données, encore vêtu, dans les sous-bois de Bellevue, ces moments de sexe, contre ce moment de calme, de communion et de tendresse. Tendresse n'est pas le mot qui peut s'appliquer à toutes les parties de mon individu, il y en a une qui est tout sauf tendre. Je ballade ma teub raide sur ses rondeurs veloutées. Fesse gauche – vallon – fesse droite. Et je recommence dans l'autre sens. Lentement. Pour bien sentir sur la peau de mon zob leur douceur de pêche.
— Je ne sais pas si tu es un vrai con mais tu as un vrai beau cul ! Lui soufflai-je à l'oreille. Et pas que le cul ! Une vraie belle joue (bisou), un beau petit nez (léchouille), une mignonne oreille (petit travail à la langue jusqu'à ce qu'il réagisse à la chatouille), un beau neu-nœil (c'est tout salé à cause des larmes), un cou tout chaud (là j'y vais franco jusqu'à ce qu'il se trémousse et me supplie)...
Je desserre mon étreinte et me dégage pour continuer mon exploration. Sa tristesse s'est envolée, il respire calmement, profondément, un sourire aux lèvres. Je parcours son dos du nez, des doigts et des lèvres, du menton et des joues, le faisant frissonner sous la caresse et hérisse sa peau sous mon souffle tiède. Je descends à ses reins, ma bouche veut connaître le modelé de ses fesses, le doux galbe que ma bite a flatté de sa raideur. Je m'y promène dessus, flâne et musarde sur chacun de ses lobes puis plonge en son vallon. Je n'avais jamais imaginé avoir envie un jour de visiter un tel lieu, Cousin était bien trop poilu et trop odorant, mais chez Pierre-O son sillon m'attire, son anus est pour moi un sot-l'y-laisse que je veux déguster.
— Oh non pas là ! Geint-il faiblement. C'est... Sale...
— Je t'assure que j'ai la langue propre... Allez pas de discussion !
Et pour palier à toute rébellion, malgré les fesses qui se durcissent, de mes deux pouces je le fends et l'ouvre largement. La corolle est là, œillet serré, sombre sur la peau claire, délicatement ourlée et charnue. Pierre-O est beau de partout même du trou du cul ! Ma langue se colle à sa ventouse, mouille, lèche et détaille le fin plissement. Le jeu plaît à l'innocent qui détend ses muscles et se livre, toute pudeur disparue, dans une faible plainte de gorge. Le jeu aiguise mon imagination, je le travaille de la pointe de la langue, du bout des dents, je le youyoute pire qu'une Marocaine puis roule ma langue en un fin cigare qui écarte sa rosace. La plainte est devenue cri, cri bref, surpris, ravi. Bonne pioche ! Il est sensible de la pastille ! Y a pas de raison, je suis sûr que tous les garçons le sont. Pour preuve, sa bite est de nouveau dure, bloquée contre le matelas et de son gland décalotté s'échappe un fin filament.
Le croirez-vous ? Je n'ai jamais tenu le rôle de mâle. Cousin refusait de se faire mettre et je prenais tant de plaisir quand il se couchait sur moi que je n'ai jamais insisté. Aujourd'hui je me sens l'âme d'un pourfendeur, d'un vil initiateur aux plaisirs sodomites. Je veux ce qu'il y a de mieux pour mon P-O chéri. Et ce qu'il y a de mieux, c'est bien connu, c'est de s'en prendre une. Une bien dure. Une pas feignante qui t'envoie des frissons dans l'échine à chaque coups de piston, qui te fait oublier jusqu'à ton nom. Je veux qu'il vibre comme je vibre quand un gland m'ouvre le cul, qu'il se tortille sous ma charge comme je me tortille quand un sexe glisse dans mes chairs. Je veux qu'il devienne mon jumeau de plaisir, qu'il ressente et aime tout ce que je ressens pendant de vigoureux va-et-vient. Tu vas jouir Pierre-O comme je jouissais sous mon cousin !
On encule comme on aime être enculé. J'aime que la pénétration soit lente, profonde, grasse. Que le sexe plonge dans mon anus bien lubrifié. Je ne veux pas faire connaître à Pierre-Olivier pour sa première expérience, la rudesse d'un coulissement trop sec. Il me faut du gel, tout de suite, avant qu'il ne se ravise. Je lui demande si il en a. Réponse négative. Je bondis, je suis déjà à la porte.
— Tu ne vas pas sortir comme ça ? S'effare-t-il.
— Bouge pas, enlève tes fringues et reprends la même position, j'arrive !
Je déboule dans le salon à poil, la queue planquée dans la main et derrière le poignet ; mais avec les mouvements, parfois elle dépasse un peu. Air ahuri des deux keums qui me voient arriver ainsi mais n'en perdent cependant pas une miette. Bon, si c'est comme ça, y a pas de raison que je joue les chochottes : je vire ma main. Ils me matent le sgeg à mort. Eux qui se croyaient hétéros pur jus, ont des picotements dans la braguette en voyant un beau p'tit arabe en tenue d'Adam, la bite au garde-à-vous au milieu des tapis Shiraz et des meubles design.
— Vite les mecs, y a urgence. Y a eu changement de programme. On a besoin de petits capuchons et d'un tube de lub'. Y a ça dans cette baraque ?
Affolement général, pire que si j'avais crié « Au feu ! », je leur communique mon impatience. Jean-Ed se lève et se précipite dans le couloir vers sa chambre. Je lui emboîte le pas.
— Tu vas le... Euh... Je n'y tiens pas trop s'il te plaît, s'inquiète-t-il en grand frère sur-protecteur.
— (Moi, menteur et diplomate) Qui te dit que c'est moi qui vais l'enfiler ? Z'avez été un peu rat en ne prévoyant qu'une pipette pour ses 16 piges. Ça mérite mieux, non ? Alors c'est mon cadeau perso, la fête à son zob pour qu'il se souvienne de ce jour.
— (Lui, estomaqué) Ah bon... Parce que tu te fais... On dit que vous...
— (Moi, lui arrachant la boîte de capotes et le tube de gel des mains) Oublie les clichés, man. On a un peu de temps devant nous avant que vos parents reviennent ?
— Ils ne seront pas là avant demain.
— Youpi !
J'attends qu'il se soit éloigné avant d'ouvrir la porte, inquiet de savoir si le frérot n'a pas changé d'avis.
Vision de paradis quand j'entre ! Levée de lune à ses pleins quartiers ! L'astre de nuit dans toute sa splendeur ! P-O s'est débarrassé de l'entrave de son pantalon, a repris l'exacte position et m'attend toujours aussi bandé. Devant tant de bonne volonté, je deviens poète et me chante une comptine :
Tu me montres ta lune
Mon ami Pierre-O
Taille-moi une plume
Pour en prendre plein l'pot
Ma chandelle est forte
Au cul t'as le feu
Ouvre-moi ta porte
Et ferme bien les yeux.
Il est si excitant placé comme ça que je me l'attaquerais bien en piqué, façon Air Battle II avec mon canon pointé, prêt à lâcher ses bastos, mais je me raisonne à temps. De la douceur Momo ! Du doigté (hé hé !) ! Ne vas pas gâcher cette terre vierge et inexplorée, la labourer comme un sagouin, il en va de la réputation de la banlieue. Laisse une bonne impression qui lui donne le goût d'en reprendre, fais-le façon rendez-vous orbital avec toute la précision et la délicatesse que requiert cette manœuvre.
De la douceur, donc. Petits bisous sur les monts lunaires tout en poussant mon index plein de gel.
Souple. Souple et chaud. Moelleux, même ! Pas de contractions. 1... 2... 3 phalanges. Ça passe ! J'essaie avec le majeur en plus. Grognement et petit sursaut. Il faut passer par une taille intermédiaire : le pouce. J'ai un pouce un peu fort au départ avec l'articulation bien marquée, puis plus fin après. J'ai vraiment eu l'impression d'avoir le doigt aspiré quand j'ai passé son anneau, et pour ne pas le laisser souffler, je le travaille façon « pince de crabe ». C'est tout simple : index et annulaire sur le côté des couilles, majeur qui lui chamboule les boules, et je frotte et serre, rythmiquement, en pliant le pouce. Effet garanti. Il perd son contrôle ! Il écarte de lui-même toutes grandes les cuisses pour que j'assure ma prise. Je le fais monter en mayonnaise. Il ne grogne plus, il couine ! Je ne sais pas s'il s'est déjà godé, mais là il doit commencer à comprendre qu'il a plein de terminaisons nerveuses très efficaces dans le trou de balle, et qu'il aurait été dommage de ne pas les faire travailler.
Je crois qu'il est à point, là. Le croupion bien graissé, le petit poulet est prêt à se faire embrocher et mon zob me réclame un chaud manteau de peau. Faudrait pas qu'il s'enrhume, le pôvre... Déjà qu'il coule du nez... Je m'agenouille entre ses jambes et me colle dans sa raie pour bien lui faire sentir ma pine. Ça, j'adore que l'on me le fasse, que l'on me fasse sentir la taille et que l'on me frotte les bords en manière de préliminaire, pour bien connaître ce qui va devoir pénétrer. Ça lui fout le trac sans pourtant qu'il ne se dérobe.
— C'est gros !
— Mais non voyons, c'est pile-poil ta pointure.
— Ça ne rentrera jamais.
— Ce n'est pas la taille qui compte, c'est la manière de faire. Je vais y aller tout doux. Tu vas voir, c'est trrrrrés trrrrrrrrés bon !
— Tu l'as déjà fait ?
— Bien sûr ! J'adore.
— Alors vas-y.
Sursaut. Crispation des épaule. Apnée. L'anus qui bat derrière mon gland, qui tente de se refermer puis qui se détend. Le conduit étroit qu'il faut forcer par de lents mouvements. Ma queue qui s'enfonce dans la chaleur de son ventre, moulée par son boyau soyeux. Impression unique, nouvelle pour lui et pour moi. Je le tiens fermement aux hanches comme j'aime être tenu, l'attire à moi autant que je me pousse. Il se laisse amener sans se rebeller, attentif aux sensations qui l'assaillent. Plus je m'enfonce et plus il redresse la tête, bouche ouverte, yeux fermés. Plus j'allonge ma course et plus il se cambre, soulève son buste du lit, se pousse de ses bras, muscles tendus, corps frissonnant. Je l'attrape à la poitrine, le serre contre moi. Sa nuque est sur mon épaule, son visage au ciel, le souffle est rauque, il vient de son ventre que je malmène. Sous ma main son cœur bat et s'affole de tant de plaisirs. Je stoppe mes mouvement devenus difficiles dans cette position et lui accorde une pause.
— C'est trop...
— C'est rien là, ça ne fait que commencer... Quand tu seras bien ouvert, je vais y aller plus fort...
— Oh nooon...
— Et plus ça durera, plus tu prendras ton pied...
— Je ne pourrai jamais tenir...
— Oh si, il le faudra... C'est moi qui te baise, c'est moi qui décide. Te branle pas trop, reste au bord, tout près de jouir, c'est là que c'est le meilleur...
— T'en as rentré beaucoup ?
— Les trois-quarts.
Changement sensible d'attitude. Le petit oisillon malmené se transforme en glouton. Il redresse la tête, la tourne vers moi, un sourire coquin aux lèvres, et tout en me surveillant du coin de l’œil, s'empale sur mon dard. Dis donc coco, si tu veux jouer à ce jeu, moi aussi je peux pousser ! Et le voilà emmanché jusqu'au dernier millimètre. « AH ! » Eh oui, ça surprend de se retrouver avec une bite toute entière enfoncée dans le cul, hein ! Une qui te dilate bien l'anus et tape tout au fond ! Une que t'imaginais pas qu'elle puisse rentrer et qui maintenant te remplit et comble ton fourreau. Un premier « AH ! » de surprise qui le laisse haletant contre ma poitrine, à chercher son souffle tel un nageur après la course. Il est comme le gamin gourmand qui, d'un gâteau, a prit une trop grosse bouchée et veut s'en débarrasser. Mais je suis sans pitié et l’empêche de recracher ma bonne marchandise. À la maison, on m'a appris à ne pas gâcher. Le second « AH ! » est plus long, plus modulé, devient diphtongue : c'est le « AH ! » du plaisir qui monte. Le troisième est à peine articulé, tout juste soufflé : c'est le « AHHHH ! » de l'amant qui se rend et se soumet. Il s'abat sur le lit, vaincu, abandonné à mes caprices. A moi d'être à la hauteur de son attente. Je me dois d'honorer ce triple A qui est, paraît-il, si difficile à conserver en ce moment.
Je commence à le limer lentement, consciencieusement, attentif à ses réactions et à mon ressenti. Il faudrait pas que je déraille trop vite, que je balance la purée aussi vite qu'il l'a fait. J'ai une mission : lui donner un plaisir dont il ne pourra plus se passer. Mais hé ! Je ne suis pas rodé à ce genre de prestation, je manque d'habitude, je ne connais pas mes limites. Rien que de voir mon zob disparaître entre ses admirables petites fesses, de le sentir coulisser dans son doux boyau, me met au bord de l'extase. Calme-toi Momo, regarde ailleurs, pense à autre chose.
Ça va, l'orage est passé à force de concentration, je vais pouvoir le travailler de la bite longtemps, en toute sérénité. Sous mon pieu qui échauffe sa muqueuse, il ondule et geint. Ses mains se crispent sur les draps, il s'accroche à eux, prises dérisoires, en fait des boules au creux de ses paumes. Ses cuisses se resserrent sur mes jambes, nerveuses et tremblantes. Je connais cet état, ce moment où le corps se rebelle sous l'intensité du plaisir, où le plaisir prend des allures de supplice que le cerveau veut prolonger mais que les nerfs, les muscles, la peau même, refusent.
Ne pas accorder de répit. Ne pas casser le rythme. Continuer inlassablement sur cette même cadence qui le fait vibrer comme une corde de violon. Être sans pitié et vaincre sa résistance. Le faire souffrir de plaisir, lui donner plaisir à souffrir de mon sexe qui l'empale. Ses jambes contre mes cuisses sont prisent de curieux soubresauts. Va-t-il jouir ? Je me dégage si brutalement que je lui arrache un sursaut et une plainte. Je replonge avec lenteur, délicatement, dans ses tréfonds avant de ressortir, d'un coup sec, complètement. C'est une sensation intense que j'ai déjà expérimentée, l'anus soudainement libéré de la verge qui le distend se resserre sur le vide et envoie le plus fort des signaux.
Six fois de suite je replonge avant qu'il ne cède dans une ruade. Il se dégage en avant et se retourne, fuit cette verge qui le torture, se réfugie hagard sur le lit, haletant et suant. Il est appuyé sur les coudes, les cheveux collés au front, le regard fou, la bouche ouverte. Pourtant quand je m'approche agenouillé, quand je saisis ses mollets et les relève, quand je lui écarte grand les jambes jusqu'aux épaules, il se laisse faire, docile, les yeux fixés sur ma queue qui ballote. Je le reprends ainsi, vigoureusement, méthodiquement. Il ne dit plus rien, il n'a plus de réactions, il est celui qui se laisse faire. Seule sa bite se tend parfois, se décolle de son ventre, bat l'air, raide, quand je vais trop loin. Et ce regard intense, ces yeux qu'il plante dans les miens ! Je me courbe, m'arque dans la fourche de ses cuisses et viens prendre ses lèvres comme on croque dans un fruit pendu à l'arbre. Il tremble de tout son être, s'accroche des deux mains à ma nuque. « Je n'en peux plus, je vais venir... » Mais il ne vient pas. Son visage grimace. Il est à bout. « Fais-moi jouir... S'il te plaît... » L'heure est venue de la délivrance.
Je me relève et sort de son trou. Passe une jambe entre ses jambes écartées. Viens frotter mon périnée au sien et mélange nos bourses. Courbe ma verge et l'accole à la sienne identique. Fusil à canons jumelés prêt à tirer. Nous branle comme si j'armais un fusil à pompe. Schlack, schlack... Schlack, schlack. Sa hampe frémit contre la mienne. Le coup va partir, je le sens monter dans la culasse (cul, ass ?). Floc ! Une première goutte s'écrase sur son visage. Une première goutte large comme une goutte d'orage, sortie de son gland. Puis vient la décharge, un tir nourri, de nos deux canons qui tressautent à l'unisson. Floc, floc, floc. Pierre-O en est tout barbouillé. Aucune partie n'est épargnée. Le front et le menton, les lèvres et les joues. On vide nos chargeurs jusqu'à la dernière cartouche. On s'écroule l'un contre l'autre. Petite mort. Mort au champs d'honneur, fusillé au sperme. Morts de fatigue, de trop de plaisirs.
Pierre-O sort le premier de l'anéantissement. Il cherche des yeux quelque chose pour s'essuyer. Allons, allons ! Tu ne vas pas gâcher tout ce bon jus de vie, ce jus de vit ! Du doigt je récupère le foutre sur ses joues et le pousse vers sa bouche. Avale ta bouillie mon bébé ! Une cuillerée pour Momo... Une pour... C'est avec un peu de dégoût qu'il entrouvre la bouche et se laisse la remplir. Il n'ose pas avaler. Je lèche son visage, le débarbouille, récupère de la langue nos débordements sur son front et son menton. Hummm, délicieux cocktail, étonnant mélange entre son sperme bio et le mien relevé à l'harissa. Le jeu l'amuse, il s’habitue au goût et ouvre grand la bouche quand je m'approche avec ma provende. Nos langues jouent dans le mélange crémeux. Nous nous l'échangeons, le diluons de salive, nous devenons frères de sperme avec la même haleine. Rien de crade, juste deux ados qui s'aiment.
Nous nous reposons, repus. Sur son beau visage passent de bref rictus.
— Excuse-moi, il faut que j'aille aux toilettes... dit-il en se levant précipitamment.
— Normal, cela donne souvent cette impression les premières fois... Surtout que je ne t'ai pas loupé... T'inquiète, ça va passer.
— Je dois vraiment y aller... J'ai trop mal.
Fébrile, il passe un caleçon et disparaît dans le couloir. Du temps passe. Je l'imagine assis sur la tinette à attendre que l'incendie se calme dans son sous-sol. Eh oui, c'est le tribut à payer, un petit souvenir pendant quelques heures d'un sacré bon moment. Après ma première fois cela a duré deux jours, deux jours à me rappeler la scène chaque fois que je crispais mon sphincter. Pas vraiment douloureux... Une petite gêne qui me faisait penser : « Enfin ça y est, je suis un enculé ! ».
Il s'éternise un peu le P-O. Je vais aux nouvelles. J'ai trop de foutre sur la queue pour remettre mon slip, je ne voudrais pas le tacher. Je trouve la porte de la salle de bain, toque et entrouvre. Il est effectivement assis sur la cuvette, l'air absorbé.
— Ça va ?
Il hoche la tête et me fait un gentil sourire.
— Ça commence à aller mieux...
— Veux-tu que nous prenions une douche ensemble ? C'est royal pour calmer.
Il opine et entre dans la cabine. Je n'ai pas le temps de le rejoindre : une main s'abat sur mon épaule. Jean-Ed et Philippe sont arrivés derrière moi sans que je ne les entende. D'un coup d’œil ils ont compris : je viens de me farcir le petit frère ! Lèse-majesté, honneur bafoué ! Ils ne peuvent pas comprendre, ces hétéros, qu'au contraire je l'ai honoré et lui ai fait le plus beau cadeau. Leur largesse d'esprit a des limites, on ne se défait pas de vingt ans de « bonne » éducation dopée aux journaux télévisés. Il n'est plus souriant du tout le Jean-Ed, et même franchement hostile. Il me tire en arrière et ferme la porte. Conseil au sommet dans le couloir. Mise en accusation de ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal. Ma peccadille fut jugée un cas pendable. Le ton est acerbe, les paroles blessantes.
— Vous êtes bien tous pareils... Menteurs et truqueurs... C'est dans vos gènes, vous ne pouvez pas vous en empêcher !
— Qui ça nous ? Vas-y dis-le ! Ch'ui Céfran comme toi et mes gènes valent les tiens...
— Je t'ai dit que je ne voulais pas que tu le touches comme ça !
— Ha ha ! Pourquoi ? Tu te le réservais ? Pas de pot, il m'a choisi !
— T'es ignoble. Il n'y a que le cul qui compte pour vous. Baiser, fourrer vos bites. On ne peut pas vous faire confiance, surtout quand vous assurez vous faire mettre... Des mensonges... Mais à force de mentir, ça pourrait bien t'arriver, et plus vite que tu ne le penses !
De quoi, de quoi ! Je rêve là ou il est en train de me menacer de représailles ?
À suivre...