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Une histoire à découvrir

Benji

Introduction classique : je me présente. Benjamin. A l'époque 16 ans en paraissant 2 ou 3 de moins. A l’âge où au contraire on aimerait en paraître plus. J'étais en 2nde dans un lycée du nord-est parisien. Près du parc des Buttes Chaumont, pour ceux qui connaissent.

J'étais bien intégré. Bien que premier de la classe, avec le look qui va avec, j'étais copain avec tout le monde ; les bons élèves, les moins bons, jusqu’au plus déconneurs. Faut dire que je n'étais pas le dernier pour les bêtises de notre âge. Toujours partant pour suivre.

Mon principal problème était physique. Je n’avais pas encore atteint la maturité de la plupart des mes copains. Ils étaient tous passés de l’autre côté de la puberté à des degrés plus ou moins avancés. C’était surtout flagrant lors des séances de déshabillage et rhabillage dans les vestiaires avant ou après le sport. Séances lors desquelles je les observais tous en douce. A cette époque, les sous-vêtements n’étaient pas aussi variés qu’aujourd’hui. C’était slip ou caleçon.

Ce que je prenais alors pour de la curiosité s’est transformé peu à peu en intérêt. Mais je l’ignorais alors.

Il y avait Jean-Pierre, beau brun très viril. Torse et jambes très velus. Adepte du slip, c’était aussi l’un des rares à prendre une douche. Guillaume, beau petit blond bouclé, assez fluet. Il portait indifféremment slip ou caleçon. Lorsqu’il était en slip, on (je) pouvait voir une belle petite bosse bien proportionnée.

Alain, lui, était certainement, le plus coincé d’entre nous. Ca se portait sur son visage. Mais son slip semblait contenir, à grande peine, des trésors. Il portait sur sa lèvre supérieure un duvet brun. Il était le fils d’un garagiste près du lycée.

Patrick était un black. Complètement exhibitionniste. Il se foutait à poil à la première occasion venue. Il venait agiter sa bite pendante sous le nez de tous en dansant et dans des éclats de rire tonitruants.

Bien d’autres étaient là. Chacun avec son physique. Ses caractéristiques. Son (ses) charme(s).

Et surtout, il y avait Christophe. Beau mec châtain, il était gymnaste et, de ce fait, taillé comme un dieu. Epaules puissantes, tablettes de chocolat, cuisses sur-dimensionnées. Quant à son entrejambes, c’était certainement l’un des plus impressionnants qu’il m’était donné d’admirer. Il nous impressionnait évidemment lorsque nous faisions gym en EPS. Quand j’avais du mal à obtenir un brillant 10/20 en barres parallèles, anneaux ou mouvements, lui atteignait des 30/20 d’après les barèmes en effectuant des figures qui n’étaient même pas prévues sur le cahier de la prof. Bien entendu, il avait les faveurs de beaucoup de filles du bahut. A l’âge où la plupart d’entre nous n’avions pas encore connu ne serait-ce que le plaisir d’un premier baiser, lui avait toujours une fille à son bras. S’il arrivait seul à une boum, il en partait toujours avec une nouvelle conquête. Il appartenait à cette « caste » de ceux dont on savait « qu’ils l’avaient faits ». Il n’était pas de ceux qui s’en vantaient, mais plusieurs témoignages de filles en attestaient.

Heureusement pour moi pour la suite de l’histoire, il avait des faiblesses.

— BEN !

Je me retournai. Je vis Christophe me faire signe de l’attendre. Il embrassait à pleine bouche Nathalie, sa copine du moment. Lui dit quelque chose que je ne pus entendre, dans un sourire rayonnant et angélique puis il courut me rejoindre.

En passant un bras autour de mes épaules il m’annonça :

— Ben, j’ai besoin de toi.

— Ouais, quoi ?

— J’ai un stage national de gym pendant les prochaines vacances mais mes vieux ne veulent pas que j’y aille si mes notes de math ne remontent pas. Faut vraiment que tu m’aides.

— Ouais ben ok, pas de problème. T’as qu’à te mettre à côté de moi aux prochaines interros.

— Non, non. Faut que j’y arrive tout seul. T’auras juste à me donner des cours si tu veux bien.

— …

Nous nous sommes arrêtés de marcher. Il s’est positionné face à moi. Une main sur chacune de mes épaules, il me regarda yeux dans les yeux :

— Allez quoi ! Et puis un jour si t’as besoin, je t’aiderais moi aussi.

Putain ! C’est pas possible ! Il me faisait le coup du charme. Le coup du gars à qui on ne refuse rien. Et ça marchait !!! Je pouvais rien lui refuser.

— Ouais si tu veux. Tu veux faire ça quand ?

— Ben si t’es dispo samedi aprèm, on pourrait commencer. Ca te va ? Je suis sûr que je comprendrai mieux qu’avec cette salope de prof.

— Ok ça marche.

— Bon ben samedi 14h00 chez moi. OK ?

— Ok.

Le reste de la semaine fut interminable. Son visage si près du mien, son sourire enjôleur, sa bouche, ses lèvres si grandes, ses dents d’une blancheur si éclatante, ses yeux profonds et rieurs me revenaient sans cesse à l’esprit. Bien que je ne pouvais à cette époque qualifier mon état, je le sais maintenant. J’étais AMOUREUX.