Une histoire à découvrir
365 nuits d'adieux (46): Poker tringleur
Dimanche soir, les filles sont venues. J'étais un peu déçu quand même. D'abord elles ont accepté de jouer, pas pour l'argent, pour le strip. Gianni a tenté de les mettre en confiance en perdant. J'ai suivi. Et puis il a sorti des carrés à répétition et elles se sont retrouvées en soutien-gorge. Est-ce qu'on picolait trop ou quoi ? elles ont jamais voulu aller plus loin. Gianni les a coincées contre la porte ; elles ont dû lâcher trois billets avant qu'il se calme et les laisse sortir, tout en les traitant de connasses d'allumeuses et autres joliesses.
J'ai deviné que mon heure était arrivée. On a descendu la bière qui restait. Gianni tournait comme un lion en cage. J'en pouvais plus de le voir se mettre la main au caleçon et se tirer sur l'élastique. J'ai proposé :
— On en fait une dernière, à la loyale, pour voir qui est le plus en veine ?
— Je te prends au 4-21.
— On joue le caleçon comme la semaine dernière ?
— J'ai les couilles en feu. Le perdant se fait mettre ?
J'ai eu du mal à avaler ma salive ; mes oreilles tintaient. La voix blanche, j'ai dit :
— O.K., mais le gagnant taille une pipe.
Comme ça, personne avait plus rien à perdre. Je le connaissais par cœur, Gianni: un macho, ça croit que ça ne survivra pas à la honte. Dans certaines situations d'urgence, il n'y a pas de mal à se faire enculer : c'est pas pour si peu qu'on n'est plus un homme. Mais avouer qu'on a envie de sucer une bite, c'est le déshonneur suprême, c'est comme reconnaître qu'on est pédé. Quant à moi, s'il acceptait de me donner son cul, je voyais pas de raison de refuser d'avaler son foutre.
Comme prévu, Gianni a perdu.
— Allez, viens, qu'on en finisse vite, a-t-il dit en baissant son caleçon avant de se mettre d'office à quatre pattes sur la moquette.
Mes jambes ne me portaient plus, je tremblais comme une feuille. C'était pas le moment de me laisser impressionner. Pas intérêt à débander : serré comme il devait être, ce serait pas du gâteau de l'enfiler. À genoux derrière lui j'ai refermé mon prépuce et présenté la tête de mon nœud à l'entrée. Par instinct il avait creusé les reins pour se présenter à la bonne hauteur. Mon gland sec a jailli du capuchon contre les plis étroits et inviolés. Il a sursauté quand il s'est encastré droit devant.
— Aïe, tu fais mal, tu sais pas t'y prendre ; faut graisser.
— On avait pas joué la vaseline. D'ailleurs j'en n'ai pas.
— Mets n'importe quoi, merde !
Le seul lubrifiant à portée de main, c'était un tube de décontractant musculaire qui traînait dans mon sac de sport. Soit c'était l'idée, soit il avait raison : c'est rentré plus facilement. Je me suis retenu de le tripoter, de lui pincer les pointes de seins, de caresser la touffe de poils triangulaires juste au dessus de la raie de son cul, d'appliquer quelques claques bien senties sur ses fesses velues. Il fallait pas qu'il ait l'impression de perdre le contrôle. Je lui avais pas enfourné la deuxième moitié de la bougie qu'il râlait de nouveau. Là je me suis énervé :
— Putain, t'en as enculé des gonzesses, Gianni, et j'ai pas la bite aussi large que toi. En plus, elles, elles avaient pas de point G dans le cul, alors que toi. Tiens tu le sens maintenant (un gémissement, un râle, doublé par l'aller-retour) comme je te masse la prostate ?
— Arrête de causer, fais ton truc en silence s'il te plaît.
— Est-ce que tu bandes, Gianni ? Ouais, elle redresse le nez...
— T'occupe, je l'aurais toujours assez raide pour te l'enfoncer dans la gorge... Ah, enfoiré, tu me déchires.
— Tu sais, Gianni, je te fais pas ça juste pour tirer ma crampe. Je l'aime ton cul carré, tu le sens que je te fais l'amour ? Oh, mets-toi sur le dos que je te branle !
— Pas question ! Ouille... pour qui tu me prends ?
Pour ce qu'il était devenu, ni plus ni moins; un emmanché consentant, priant pour que ça dure, même s'il en arriverait jamais à supplier qu'on le bourre. À ce moment-là, ma bite et son intérieur ont commencé à chauffer. Et pas qu'un peu. Les gémissements de Gianni se sont transformés en rugissements. Les larmes aux yeux, il a crié :
— Qu'est-ce t'a mis, bordel ? De la purée de piments ? T'es ouf ou quoi ?
— J'avais rien d'autre...
Il s'est saisi du tube que je lui collais sous le nez. Puis il s'est sauvé en courant vers la salle de bain, a dévissé le pommeau de la douchette et s'est rentré le tuyau dans le trou du cul. C'était trop : moi-même j'avais la bite en flamme. Je l'ai rejoint dans le bac à douche. Je lui ai sucé l'anus qui sentait le menthol et le camphre. Mais ça ne l'a pas apaisé. Il était furax. Il m'a roué de coups de poings, me laissant groggy sur le carreau. Quand il est revenu il s'était enduit la queue de moutarde :
— T'as gagné, tu suces !
Rien que sa bite me faisait tousser et cracher avant que la moutarde me monte au nez. L'irritation m'a fait venir des larmes. Mais j'avais envie de lui et je lui ai taillé sa pipe en mordillant, en crachotant, juste qu'à ce qu'il me largue son baume apaisant sur les amygdales. Il m'a molli dans la bouche, l'air satisfait. Alors, il m'a pincé le nez et il a lâché un jet de pisse. Je l'ai avalé pour pas boire la tasse et m'asphyxier. En se retirant il a continué à m'inonder le torse, et, avec une petite tape amicale, il a dit :
— Tu le sais bien pourtant, que je suis mauvais perdant... Au fait mon salaud, c'était pas ta première pipe ? T'es une suceuse de première. La prochaine fois on invite qu'une seule fille, et je t'encule pendant que tu la prends, O.K. ?
La fois suivante, la fille s'est défilée et Gianni m'a enfilé. Après, on a plus eu besoin de prétextes pour s'en mettre un coup à tour de rôle.