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Une histoire à découvrir

Bi! Mon œil!

Jusqu’ à l'âge de 25 ans, je me croyais complètement hétérosexuel. Je trouvais du plaisir à regarder les femmes si possible jolies et avec de grosses poitrines. Ça me donnait des idées mais, finalement, je baisais très peu... J’ai eu trois ou quatre liaisons courtes et peu marquantes. J’imaginais que c’était comme ça que ça devait se passer jusqu’au coup de foudre fatal!

Qu’est-ce que j’étais con! Les hommes, jeunes ou moins jeunes, ne me faisaient pas fantasmer! À la piscine, si je pouvais trouver un corps de mec bien fait, il ne me faisait pas bander pour la cause... N’ayant pas un physique de tombeur, je ne m’étais pas alarmé sur le peu de rapports que j’avais eu jusque là... Et puis, dans les années 80, je me suis mis au Minitel. Ce type de drague c’était génial pour les timides et les pas trop beaux...

Au début, c'était un jeu, je m'amusais à jouer un personnage et ça n’allait jamais plus loin. Je n’étais pas le seul à aimer ce petit jeu... Dans ce type de contacts, tout est bidon! Je cherchais des dials érotiques car je voulais parler de "sexe" avec des femmes puis... avec des hommes. On a très vite sauté le pas lorsque l’on s’aperçoit que «parler de sexe», ce n’est pas trop leur truc aux femmes. Je ne parle pas des professionnelles qui sont expertes sur le minitel! J’ai donc commencé à prendre du plaisir à dialoguer avec des hommes. Au début, c’était uniquement pour passer le temps... Je me suis vite aperçu que j'étais sensible à l'excitation des autres hommes. Imaginer un mec nu, se caressant, en parlant de sexe avec moi, ça m’excitait aussi... J’ai donc recherché des dials «bi» car il n’était pas question pour moi de communiquer avec des pédés purs et durs.

Mes conversations étaient enrichissantes. Certains mecs comme «Bi Michel» ou «Bibi Fricotin» m’ont ouvert la porte sur un univers dont j’ignorais tout... ou presque. Comment était-il possible d'être attiré par les deux sexes? Pour moi, c’était étrange, attirant et très excitant... Lorsque certains ont commencé à donner des détails sur leurs pratiques, j’ai senti que ça m’excitait à fond. J’étais raide en pianotant mes questions sur le clavier. La perspective d’augmenter mon potentiel d'actes sexuels y était, sans doute, pour beaucoup. Pourquoi n’essayerais-je pas moi aussi?

Un jour, je me suis retrouvé en conversation très chaude avec un jeune mec qui était bi mais préférait les mecs... Il me donnait ses raisons: les hommes sucent mieux, ils connaissent mieux les points sensibles de leurs congénères, ils osent plus, etc...

Pour franchir la frontière, m’avait dit un mec, il faut commencer doucement. L'amour à trois est un premier pas! En lisant les commentaires de mes correspondants, je me projetais dans leurs fantasmes. Ne devenaient-ils pas les miens? J’ai commencé à m'interroger sur mes propres goûts. Pourquoi si peu de femmes avaient-elles couché avec moi? Au fond, je n’étais pas une mocheté.

Après le minitel, il y a eu les revues d’annonces. Un jour, j'ai franchi l'étape suivante et j’ai répondu à une annonce par téléphone... J’avais suivi le conseil du type qui prétendait que le premier pas se ferait dans un rapport à trois. Je contactais un couple qui cherchait un mec de mon âge pour un trio. J’ai accepté de les rencontrer. Pour ne pas me brusquer, ils ont d’abord raconté leurs différentes expériences avec des partenaires de passage. Cela m'excitait incroyablement. Je sentais mon sexe se raidir et être à l’étroit dans mon pantalon trop serrant. Je n'en revenais pas!

— Je vois que tu bandes! m’a dit le type.

— Euh... un peu, oui...! ai-je répondu timidement.

Un peu!!! Mon œil! Ma tige était prête à exploser...

— Je bande aussi! ajouta-t-il en posant sa grosse pogne sur la bosse de son pantalon.

La femme ne disait rien. Je me foutais presque d’elle. J'étais en train d'allumer un mec et ça m'excitait! Le type a ouvert son pantalon et m’a montré sa longue bite gonflée.

— C’est toi qui me mets dans cet état!

— Putain, quel engin!

C’était sorti tout seul. J’étais ébloui par ce sexe monstrueux par la taille mais si beau dans ses proportions.

— À toi de me montrer! a-t-il dit.

J’ai hésité un court instant. Très court, il faut l’avouer. Je l’ai imité.

— Eh, mec, franchement, tu n’as pas grand chose à m’envier! Hein, chérie?

La femme abonda dans son sens. Je l’avais presque oubliée celle-là. Sa façon d’être en retrait me montrait que le plan était finalement à deux. Elle voulait voir baiser son homme avec un autre mâle. Ma bite rebondissait contre mon ventre velu. Je découvrais un autre aspect de ma sexualité... J’aimais me "montrer". Aurais-je pu m’imaginer exhibitionniste? Il ne s'agissait évidemment pas de sortir dans la rue à poil! Mon désir d’être vu se limitait à un cercle d’adultes consentants...

— Tu as déjà fait des choses avec un homme?

— Jamais!

— Ça te tente?

— J’en ai l’impression, oui! Enfin, je ne sais pas trop...

— On ne va pas brusquer les choses... Je te propose de regarder une K7 vidéo gay. Ça te va?

— Pourquoi pas!

— Ça peut te donner envie...

Il a sélectionné un film qu’il aimait particulièrement. Sur le boîtier, j’ai lu «Falcon - Flashpoint». Le film était très excitant. Il mettait en scène des mecs très bien foutus. J'ai regardé. Et devinez, je me suis imaginé à la place de ces beaux gars, en train de baiser.

— Ça t’excite?

— Plutôt, oui.

— Je peux te caresser pendant que tu regardes?

Aucun son n’est sorti de ma bouche mais j’ai agité la tête. Ses mains chaudes sont entrées en action. Sur l’écran, un mâle entièrement épilé, le ventre surélevé par un coussin, était en train de se faire sodomiser par un énorme sexe.

— Tu n’imagines pas à quel point c’est délicieux!

— Quoi donc? ai-je dit.

— De sentir cette chose glisser entre tes fesses...

— C’est énorme!

— On s’habitue à ça! Tu sais que de très nombreux hétéros purs et durs aiment les sensations anales.

— Ah oui?!

Cette première expérience ne fut pas une réussite totale. Au bout d’un moment, les caresses du mec m’ont lassé. Je crois que je culpabilisais... J’ai attendu encore deux mois avant de tenter un nouvel essai. Internet est arrivé et les possibilités furent plus nombreuses qu’avec le Minitel. Comme je fréquentais des sites gays, je lisais des récits d’expériences de mecs comme moi. Des homos refoulés! Des honteuses! J'échangeais des mails avec des homos et on parlait sexe. J’ai fait la connaissance d’un type marié et père de famille. Il avait 35 ans, était très viril, actif et poilu. On s’est rencontré dans un «Formule 1» près de Paris et on a "fait l'amour". J’ai sauté le dernier pas. J’ai accepté qu’il me «prenne». Je voulais être affranchi là-dessus... Lorsque j’ai senti son sexe se planter dans mes fesses offertes, je me suis souvenu de la réflexion de mon premier mec... sur le canapé...

— Tu n’imagines pas à quel point c’est délicieux!

Bon, j’ai d’abord gueulé et je voulais qu’il se retire mais il a tenu bon. Il m’a demandé d’être patient et je n’ai pas eu à le regretter. J’ai fini par trouver ça si bon que j’en ai redemandé avant qu’on se sépare. Ce que j’adorais par-dessus tout c’était la sensation de ses couilles contre mes fesses pendant les va-et-vient de son sexe en moi. Il savait y faire. Il me massait les fesses et caressait mon dos avec beaucoup de doigté.

Aujourd’hui, j’ai accepté d’être un mec gay... passif... et très vicieux! Il ne se passe pas un jour sans que je jouisse. Si je n’ai pas de partenaire, je me soulage à la main... devant l’écran de mon ordinateur ou devant un bon film X.

Dernier courriel connu de l'auteur : dirtygayhairy@hotmail.com