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Bio-journal (1)

J'en étais à mes derniers coups de rein orgasmiques dans le cul d'Alexandre quand j'entendis des pas dans l'escalier. Me retournant, le souffle court, j'aperçus Jean Lou dans l'embrasure de la porte, un coude appuyé sur le cadre. Il me sourit. Je sortis ma queue en la pinçant entre mon index et mon pouce. Aussitôt, le cul d'Alex régurgita lentement mon sperme sur le drap encore chaud de nos ébats.

— Tu me l'fais aussi? dit Jean Lou en s'avançant vers moi.

Un grognement sourd se fit entendre sous l'oreiller qui se souleva pour faire place à la tête d'Alex. Cheveux ébouriffés, il grogna:

— Crisse que c'était bon!... J'ai joui comme c'é pas possible.

— Laisse-moi récupérer et après ch'te fait ta fête p'tit pédé! dis-je à la blague. En attendant, va prendre ta douche.

Alex laissa tomber son corps sur le matelas. Je m'assieds sur ses fesses et je lui massai lentement les reins.

Je me présente: Mathieu G, j'habite une ville nordique du Québec que j'appellerai NULPART. J'ai maintenant 20 ans. Mon père est dans l'immobilier, ma mère est designer d'intérieur (la déco quoi!). J'ai trois frères: Pascal 23 ans, Pierre-Olivier 19 ans et Yannick 16 ans.

L'année de mes quinze ans, père et mère ont quitté la ville pour Gatineau, banlieue de la capitale nationale, Ottawa. Ne voulant pas me séparer de mes amis, je refusai de suivre la famille et j'allai rester en coloc avec mon frère aîné qui gagnait sa vie comme technicien de laboratoire dans une grande papetière d'ici.

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été amoureux de mon frère. Il représentait mon idéal.

Quelques mois plus-tard, lors d'un week-end chez mes parents, je leur avouai que j'étais gay. Mes parents étant de la génération Peace & Love et qui avaient vécu en commune à l'époque de Woodstock, ne se formalisèrent pas de mon orientation sexuelle. Il m'a même semblé qu'ils étaient fiers d'avoir un fils marginal qui affichait ses préférences.

Le lendemain, père et mère me confièrent que Pascal n'était pas leur fils biologique et par conséquent n'était pas mon frère de sang. Mon ex-frère aîné était le fils d'une grande amie de mère et père qui vivait en commune sur une ferme à l'époque du mouvement de la libération sexuelle amorcé par les jeunes Peace & Lover qui croyaient changer radicalement le monde. Cette amie mourut prématurément des suites de la naissance de Pascal et mère avait promis d'adopter l'enfant. Après cet aveu, mes parent prévinrent Pascal que je connaissais son origine mais se gardèrent de lui dire que j'étais pédé, me laissant le soin de lui dire le moment voulu.

De retour à NULPART

La vie se déroula comme auparavant. J'étais toujours amoureux fou de Pascal. Dans ses loisirs, il fréquentait quotidiennement une brasserie locale populaire où il retrouvait ses amis — une dizaine environ — tous grands buveurs de bière et amateurs de hockey. Certains week-ends, ils partaient en voyage de ski à Québec ou au nord de Montréal. Bref, Pascal et ses amis se conduisaient le plus souvent en gros-épais-machos-immatures.

L'année précédente, je rencontrai à l'école un jeune indien de mon âge qui m'initia au sexe. J'en avais grand besoin car la branlette ne me suffisait plus. Kevin qu'il s'appelait. C'était un Atikamekw d'une réserve localisée à 90 km au nord de NULPART. Il fut mon timide initiateur. En fait, il m'a montré ce que son père lui avait enseigné...

À la fin de l'année scolaire, Kevin retourna à la réserve. Mes fantasmes pour Pascal décuplèrent au point de voir ma santé physique s'étioler. On se voyait guère à l'apart: moi à l'école secondaire, lui au travail ou avec ses copains. Parfois il amenait une fille pour une nuit, histoire de faire comme ses copains. Mélanie qu'elle s'appelait. Je la détestais ou plutôt je l'enviais de pouvoir toucher, caresser et embrasser son corps... voire même le sucer avidement.

Un jour de désespoir, je lui avouai mon homosexualité sans lui dire que je l'aimais. C'est alors qu'il me poussa dans les bras d'un de ses copains d'école secondaire qui le talonnait de ses avances sexuelles depuis leur douze ans. Patrick qu'il s'appelait. Il allait bouleverser ma vie. Lui 18 ans, moi 15.

Son père avait fait fortune dans le domaine de l'édition en créant des hebdos régionaux un peu partout en province. À la fin des années 80, il vendit l'ensemble de ses publications à une multinationale de renom. Il a vécu richement et grassement jusqu'à sa mort il y a trois ans. Fils unique, Patrick a touché le pactole. À ce moment-là, il venait de terminer deux courtes années d'études en administration. C'était inscrit dans ses gènes qu'il ferait fructifier les avoirs de son père dans la construction de complexes domiciliaires en périphérie des grandes villes comme Sherbrooke, Trois-Rivières, Laval. Aujourd'hui, à 23 ans, il est à la tête d'un groupe d'associés et j'avoue qu'il a la bosse des affaires. Tout ce qu'il entreprend est un succès.

Ainsi, à défaut de ne pas avoir Pascal dans son lit, Patrick accepta d'emblée son jeune frère Mathieu de 15 ans — moi en l'occurrence — homo comme lui.

J'ai toujours en mémoire cette chaude soirée de juillet 2001 — jour de mon anniversaire — où Patrick a pris mes 15 ans, poussé par Pascal qui savait son chum homosexuel. Rêvant toujours secrètement de baiser avec Pascal, et ce dernier me sachant pédé, il me parla de Patrick, également pédé, et qui le harcelait depuis l'école secondaire. J'acceptai. Ce soir-là, passif, j'ai laissé Patrick me baiser sauvagement jusqu'aux petites heures du matin. Tout était nouveau pour moi. Quelle initiation ce fut! C'était évident que nous étions en manque de sexe depuis des lunes.

Jamais je n'avais tant joui depuis mes fugaces expériences sexuelles d'ado débutant avec Kevin. Pour la première fois, je me suis donné totalement et sans retenue à un gars que je connaissais à peine mais en qui Pascal m'avait dit d'avoir confiance. Je réalisai alors que j'étais un pur "wildboy"et que le sexe serait mon unique raison de vivre.

C'est à mon retour à l'apart que je plongeai dans l'univers des livres de William S. Burroughs à la suggestion de Patrick. Grâce à Internet et à la bibliothèque municipale, j'entrai dans le monde de Burroughs, chef de file de la Beat Generation avec Kerouac et Ginsberg. Je dévorai "Les garçons sauvages" et ce livre devint ma Bible. Je voulais être un "wildboy"... aujourd'hui je suis un "wildboy"... car je n'ai encore jamais été bridé. Je suis un jeune poulain rétif qui nage à contre-courant et qui refuse toutes conventions. J'ai appris vite à me reconnaître dans ses personnages de "wildboys" libérés, fantasques et pervers, dont le sexe était l'unique raison de vivre.

Le lendemain matin de la fête de mes 15 ans, après un rapide déjeuner, nous étions de retour dans sa chambre. Déjà il disait m'aimer comme il avait aimé Pascal. J'en doutais. Il me baisa de nouveau, me sodomisant avec lenteur en prenant bien son temps, car sans être puceau, mon cul n'avait pas encore été défoncé pleinement. Ce fut une découverte totale de mon cul, un abandon complet à cette queue qui violait le moindre recoin de mon corps en feu. C'était sublime! J'étais transfiguré et amoureux fou de sa queue, uncut comme la mienne. Je remerciai intérieurement Pascal de m'avoir conduit vers lui. Je me sentais en confiance.

En début d'après-midi, nous regardâmes une vidéo porno, histoire de continuer la game. Je jouais toujours le rôle de passif, comme si Patrick avait besoin d'affirmer son autorité et son ascendance sur moi. J'aimais comment ça se passait. Avant le dîner, il m'a mangé le cul et c'était une autre première pour moi. Excité, je lui ai demandé si je pouvais lui rendre la pareille. Il se coucha sur le dos et leva ses jambes en les écartant. C'était la première fois que je voyais un cul de si près... une rosette brune et bien fermée que j'ai léchée et savourée. À compter de ce moment, je sus ce que je voulais et ce que je serais.

Le soir venu, je lui avouai un fantasme en lui révélant que j'aimerais bien boire son sperme dans une coupe arrosée de champagne. Il a souri et m'a dit que l'idée lui plaisait. Il a proposé que nous éjaculions tous les deux dans le même verre et que nous boirions ensemble.

C'est là qu'il m'a proposé un pacte. Je devenais secrètement son esclave sexuel... son "slave". En retour il me prenait sous son aile. J'ai accepté et nous avons scellé notre pacte en buvant ensemble cette Veuve Clicquot où flottaient nos filets de spermes entremêlés. Je me suis endormi dans ses bras, temporairement repu et ravi.

Le lendemain, je m'accrochai au cou de Patrick. J'en voulais encore. Nous nous sommes retrouvés sous la douche où durant un long moment je lui ai distribué mille caresses à le rendre dingue. Je lavai sa queue à demi-bandée pour ensuite m'agenouiller derrière lui pour nettoyer son cul avec ma langue.

Patrick est du genre blondinet à la Tintin, 1m72, 66 kilos. Son regard est franc, direct et dominateur.

Après le petit déjeuner, il m'entraîna cette fois dans la chambre d'invités.

— Dorénavant, quand tu viendras ici, ce sera ta chambre. Couche-toi maintenant.

J'obéis. Il enleva son slip et s'étendit près de moi.

— Hier soir nous avons fait un pacte, dit-il en passant son bras derrière mes épaules. Même si je suis ton Maître, je ne serai pas toujours présent car je brasse des affaires et ça me tient pas mal occupé. Tout ce que j'exige de toi, c'est d'être là quand je te ferai signe. Je suis homosexuel et j'ai pas le temps de cruiser quand j'ai envie de sexe.

— Chu d'accord mais je veux que tu sois un vrai Maître avec moi. Si je fais pas correct, tu n'auras qu'à me punir. Tu sais, un Maître a le droit de battre son "slave" de temps en temps. Ça lui rappelle que c'é pas lui le boss.

— Es-tu maso, demanda-t-il curieux?

— Je ne sais pas, chu pas encore certain. L'avenir me l'dira.

Le lendemain, j'étais de retour à l'apart métamorphosé. Je dus raconter à Pascal dans les moindres détails tous les scénarios et les plans de cul que nous avions vécu Pat et moi.

Je crus déceler dans son regard que ça l'excitait. Intérieurement je me suis dit: "Tant pis pour toi Paskie!... t'as pas voulu..."

Après cette expérience avec Patrick, je croyais tout savoir du sexe homo. Pourtant, je n'avais qu'entre-ouvert à peine la porte de l'anti-chambre du vice, de la débauche, de la perversité et de l'extrême dépravation.

À chaque remontée sur sa colonne, Alex cambrait les reins.

— Humm... ça fait du bien!... ça m'relaxe man! dit Alex.

Je me couchai sur lui et lui mordillai l'oreille. Ma queue se positionna entre ses fesses.

— T'en veux encore?

— Oui mais c'é l'tour de Jan Lou, non?

— Ouais!

À suivre...

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