Une histoire à découvrir
Blanchet et les sept bites (3)
Julian, le beau garde-chasse, se demandait encore pourquoi le secrétaire du Roi Ferdinand était venu le voir. Bien sûr, il voulait savoir où se trouvait la cabane des bûcherons dans la forêt... mais il sentait que ça cachait autre chose. En découvrant, en première page du journal, l’article annonçant la disparition du jardinier du palais, Julian fut plus intrigué encore. Il devrait peut-être aller faire un tour du côté de la cabane des bûcherons...
À la cabane justement, c’était la panique totale. Les bûcherons, en rentrant du travail, avaient trouvé le corps sans vie de Blanchet étendu sur la grande table. Ils étaient tous sous le choc.
— Le pauvre garçon avait raison! Il craignait de rester seul et je ne l’ai pas écouté...
Couillu culpabilisait.
— Regardez-moi ce joli petit cul! Il venait à peine de découvrir la façon de s’en servir... Quelle tristesse!
Niqueur se lamentait.
— Il m’aimait. J’en suis certain.
Percé avait le cœur brisé.
— Sa bouche si douce.
Chacun y allait de son commentaire. Les larmes coulaient sur les joues viriles. Les bûcherons lavèrent le corps souillé du jeune Blanchet et l’installèrent sur une couche de mousse et de fleurs sauvages.
— On devrait baiser tous les sept autour de lui... pour le faire revenir à lui.
— Nigaud! Quand t’es mort, t’es mort!
— Au moins, on rendrait hommage à son corps superbe...
— Comment pourrais-je avoir le cœur à baiser! gémit Velu, au bord des larmes.
L’inspecteur Delarive avait réuni les meilleurs de ses hommes et s’apprêtait à entrer dans un entrepôt désaffecté. C’est là qu’un groupe d’adeptes de la sexualité SM hard organisait des «partouzes» assez particulières. L’affaire du jeune Blanchet l’avait amené à découvrir un vaste réseau de trafic humain. L’embuscade devait se faire tard dans la nuit, à l’heure où ces hommes pratiquaient leurs activités douteuses...
La nuit était tombée depuis une heure et il était malaisé de sortir de la forêt. Drago, dépenaillé par sa promenade en talons hauts, regagna sa voiture au bord de la route. Il pesta en découvrant qu’à l’arrière, une des roues était crevée. Il allait devoir regagner le Palais dans sa tenue de travesti. La honte!
Delarive croyait avoir tout vu mais il se trompait cruellement. Dans la plus grande des salles de l’entrepôt, c’était l’enfer. Une quinzaine d’hommes bardés de cuir et de métal dressaient, torturaient, baisaient avec violence et cruauté une autre quinzaine d’hommes enchaînés, menottés et séquestrés. Des croix de Saint-André, des cages au sol ou en suspension, des machines de torture innommables meublaient le vaste lieu de débauche. L’odeur de sexe cru se mêlait aux relents d’huile de vidange et de métal rouillé. Dans une pièce attenante, un policier découvrit deux corps sans vie.
— Embarquez-moi ce «beau» monde! hurla l’inspecteur au bord des larmes.
Dans un coin, il découvrit une installation informatique dernier cri.
Personne ne l’avait vu dans sa tenue ridicule! Drago souffla en se laissant tomber sur son lit. Il lui restait deux ou trois petites choses à faire. Notamment contacter Max et ses sbires pour savoir s’ils avaient embarqué Blanchet.
Dans la salle informatique du Palais, il envoya le message suivant...
«Le colis a-t-il été réceptionné dans la forêt? Envoyez réponse rapidement.»
Delarive réceptionna le mail et y répondit.
«Colis réceptionné mais petit problème. Rendez-vous parking sortie 13 sur nationale.»
Drago frémit. «Quel petit problème ces cons avaient-ils rencontré?» Il fulminait. Tout ce boulot de titan, c’est lui qui l’avait fait. Tous ses partenaires lui avaient causé plus de soucis qu’autre chose... Il fallait qu’il règle ça... et vite!
Percé s’était éloigné de la cabane pour cacher son chagrin. Avec Blanchet, il avait trouvé l’Amour. C’est, du moins, ce qu’il croyait! Ce garçon l’avait regardé et serré contre lui avec une telle force... Toute la journée, au bois, il n’avait pensé qu’à lui, à son corps, à sa bouche, à son sourire... Voilà maintenant qu’il était mort! Assis sur une souche, alors qu’il pensait à ce qu’aurait pu être sa vie avec Blanchet, il entendit un craquement.
— Qui est là? demanda-t-il.
Pas de réponse.
— C’est vous les gars?
Nouveau craquement.
— Ça ne m’amuse vraiment pas!
Une ombre s’avança vers lui.
— Désolé de vous avoir fait peur!
C’était Julian, le beau garde-chasse.
— Je fais un petit tour dans le coin. J’ai l’impression que ces derniers jours il a dû se passer des choses par ici.
— Effectivement!
Et Percé raconta tout à Julian. Voyant le bûcheron très affecté, le garde-chasse lui apporta un peu d’affection et le serra contre sa large poitrine. Ce qui devait arriver arriva. Ils se retrouvèrent nus et ils forniquèrent comme des bêtes. Julian, actif à 200%, encula gaillardement le jeune Percé éploré. Comme il s’en voulait déjà de faire ça alors que son amour était encore tiède... mais s’il le faisait c’était pour oublier... enfin pour essayer d’oublier.
— Oh, oui, Julian, nique-moi comme une salope!
— Je vais te donner ce que tu aimes: de la bite!
Lorsque Drago gara son 4x4 sur le parking, à côté des toilettes, il regarda autour de lui. «Ils» n’étaient pas là! Il sortit pour se rendre dans les WC hommes. Un mec, la quarantaine dégarnie, lunettes et moustache, se branlait devant un urinoir. En voyant entrer Drago, il s’écarta du mur pour laisser voir son engin bien droit et de bonnes dimensions. Drago se posta devant un urinoir en face. L’homme se tourna carrément vers lui.
— Ça te tente une belle saucisse bien longue?
L’homme était dégoûtant et Drago feignait de l’ignorer. Il s’approcha du secrétaire et lui palpa le cul.
— Je peux te le remplir, ton joli petit cul!
— Foutez-moi la paix!
— J’aurais pourtant cru que t’étais pédé! T’as une gueule de tarlouze!
Drago sentit la colère le remplir et il essaya de rester calme. En quittant les WC, il tomba nez à nez avec Max.
— Ah, t’es enfin là!
— Oui... je... j’ai eu un petit souci...
Petit problème! Petit souci! Petite bite! Ce mec avait tout en petit. Sauf une grande gueule! Drago lui trouva un air curieux, pas comme d’hab’!
— C’est quoi ton petit problème avec le type de la forêt?
— Ben...
— J’ai pas des heures, Max!
À ce moment précis, une quinzaine de flics surgirent d’on ne sait où et leur tombèrent sur le râble.
— Messieurs, vous êtes en état d’arrestation!
— Mais...?
— Il n’y a pas de mais, cher monsieur Drago! Il y a un Wilfried, un Blanchet et sans doute d’autres pauvres gaillards dans leur genre qui ont été vos malheureuses victimes.
Delarive était fier de sa prise. Fier de son enquête d’abord et de la façon dont il s’y était pris pour débusquer cette ordure de Drago.
Dans la camionnette, il ne fallut pas longtemps pour lui faire cracher le morceau. D’après lui, Blanchet n’était pas mort... juste en état de catalepsie (ou un truc comme ça!). Une forte émotion pouvait le ramener à la vie.
Dans le sous-bois silencieux, Julian et les bûcherons regardaient le jardinier sur sa couche. Dans chaque esprit, il restait comme un espoir de voir Blanchet revenir à lui.
— Il est si beau! dit Julian. Je comprends que tu en sois tombé amoureux, Percé.
— Embrasse-le, Julian! murmura Percé en lui serrant le bras. Goûte à la douceur de ses lèvres. Tu vas voir comme c’est curieux... On l’a trouvé dans cet état depuis plus de trois heures et il n’est toujours pas froid. On dirait que la Mort n’en veut pas.
Julian s’avança vers la couche et se pencha délicatement sur le visage du jeune homme. Il contempla la beauté du visage reposé et posa doucement ses lèvres sur celles de Blanchet. Le baiser dura dix, quinze secondes...
— Mince! Regardez, il bande!
— Comment?
— Que dis-tu?
— Je vous dis que Blanchet bande.
Effectivement, ils remarquèrent tous la belle bosse qui était apparue au niveau de son bas-ventre.
— Mais alors...
— Il est vivant!
— Julian, c’est toi qui l’a ramené à nous.
— Eh, Percé! Déconne pas, mon garçon! On n’est pas dans un conte de fées à la noix!
Blanchet soupira et ouvrit les yeux. Il vit le beau Julian en premier lieu puis Percé.
— Oh, mes amours! Vous êtes là!
— Il te connaît? demanda Percé au garde-chasse.
— Pas du tout! Il doit me confondre avec quelqu’un d’autre...
— C’est le syndrome du «Prince Charmant»! ajouta Couillu. On tombe follement amoureux de la première personne que l’on voit à son réveil!
Blanchet se leva et embrassa Julian goulûment avant de réserver le même sort à Percé.
— J’ai une envie folle de faire des trucs cochons! cria-t-il à ses amis les bûcherons.
— T’es pas le seul! ajouta l’Inspecteur Delarive qui venait d’arriver comme les carabiniers d’Offenbach.
Il se présenta à tous et raconta tout ce qui s’était passé depuis 48 heures.
— Drago?! Il a voulu me tuer!
Blanchet, d’une incroyable naïveté, n’en croyait pas ses oreilles.
— Je pense que toutes ces émotions vous ont mis en... appétit! Je veux parler d’un appétit particulier...
L’inspecteur s’emmêlait un peu les pinceaux en voulant proposer à toute la bande une partouze générale.
— J’ai gardé les clefs de l’entrepôt! Si ça vous dit, on peut tous aller faire la fête là-bas.
— Ben oui, pourquoi pas!
— Si comme vous l’avez dit, il est bourré de matériel «intéressant»! Ce serait bête de s’en priver!
Les dix mâles s’engouffrèrent dans les deux voitures disponibles et se rendirent sur le port. En pénétrant dans l’antre du vice, les bites se mirent à gonfler et certains crachèrent même sans se toucher. La partouze commença.
Entouré de Percé et Julian, Blanchet se laissa faire et monta jusqu’au huitième ciel (au moins!) Couillu enculait Mastard tandis que l’Inspecteur suçait Velu. Niqueur et Branleur avaient pris Pompeur en sandwich! Certains osaient dépasser leurs fantasmes et utilisaient le matériel de Max et ses sbires. L’Inspecteur chevaucha un gode énorme tandis que Mastard lui offrait sa tige à pomper. Couillu attacha Velu sur la croix de Saint-André pour lui travailler les tétons avec délectation. Chacun baisa avec chacun. Enfin, un truc dans le genre! La nuit fut longue longue longue... Au petit matin, l’Inspecteur, fourbu, s’éveilla couvert de foutre froid. Les corps épuisés des bûcherons s’étalaient partout... Seuls Blanchet, Percé et Julian manquaient à l’appel. Tout le monde avait compris que l’Amour était passé par là!
— C’est déjà difficile de s’aimer à deux! dit Mastard.
— Je n’ai aucune crainte pour ces trois là! répondit Couillu. Ils vont s’aimer très très longtemps et n’auront pas de petits enfants.
— Avec tout ça, nous avons perdu Percé. Nous ne sommes plus que six... C’est embêtant, les gars!
— Nous sommes toujours sept! compléta l’Inspecteur. Si j’ai bien compris, votre boulot c’est pas seulement de couper des arbres?
— Sûrement pas! On s’occupe de tous les troncs... même ceux qui ne sont pas coupés et qui grossissent lorsqu’on les caresse!
— Décidément, je vais adorer ce boulot de bûcheron! lança Delarive.
— Mais Delarive c’est pas terrible comme nom...
— Effectivement, ça n’est pas adapté! Que pensez-vous de «Godé»?
Deux cartes postales arrivèrent des îles lointaines. L’une était destinée au Roi Ferdinand:
Majesté, je regrette de n’avoir pu vous offrir ce que vous désiriez tellement. À votre place, j’irais me promener de temps en temps dans la forêt... on y fait de très intéressantes rencontres. Je vous embrasse chastement. Blanchet, votre jardinier préféré.
L’autre arriva très tard - le chemin est dur pour le facteur - à la cabane des bûcherons:
Rien d’important à vous dire sinon que nous sommes heureux tous les trois. À deux c’est bien, à trois c’est extra! Cette carte vous amènera un joli facteur que vous devrez remercier comme il le mérite.
Godé déposa la carte sur la table pour saisir le jeune facteur à bras-le-corps.
— Viens ici, mon chéri! J’ai un truc très dur pour toi!
FIN
Dernier courriel connu de l'auteur : dirtygayhairy@hotmail.com