Une histoire à découvrir
C'est arrivé comme ça (1)
C'est arrivé comme ça.
Je n'ai jamais aimé les étiquettes, les catégories, à 18 ans bien sonnés, je sais que je ne changerai pas d'avis à ce sujet. Ce qui est sûr, c'est que je suis amoureux d'un garçon avec lequel je voudrais passer toute ma vie. Comment l'ai-je découvert ? Je vous raconte.
Nous sommes une famille de trois garçons : Pierre a 20 ans, mon jeune frère Marc, 17 ans, quant à moi, Alain, je vous l'ai déjà dit. Mes parents sont toujours ensemble après vingt-cinq ans de mariage, ce qui est rare à notre époque. Ce sont des personnes que je chéris, tout d'abord parce qu'ils m'aiment et n'ont pas changé d'avis quand ils ont su pour mon homosexualité, ensuite parce qu'ils sont très ouverts à la discussion, j'ai toujours pu leur parler de tout, même des choses les plus intimes, et ça, ça permet un niveau de confiance et de respect que peu de mes copains connaissent. Ils sont très simples aussi, n'aiment pas le bling-bling, le tape-à-l'œil, les vêtements à la mode, etc. Ils sont « fonctionnels », préfèrent acheter deux voitures à faible prix qu'une grosse de luxe, ils ont toujours été naturistes, et nous sommes toujours partis avec eux en vacances avec le plus grand plaisir. Contrairement à nous, ils ne se baladent pas à poil en permanence à la maison, mais ne se cachent pas non plus, nous n'avons qu'une salle de bain, et à cinq, il faut la rentabiliser, on s'occupe donc de voir si la douche est libre, et si elle ne l'est pas, on ne cherche pas à savoir qui en profite, on lui demande de nous prévenir quand elle est libre.
Revenons à mon histoire qui remonte à deux ans à peu près. J'ai toujours eu beaucoup de copains, mais d'ami, je n'en ai jamais eu qu'un seul, et c'est Daniel, mon voisin. On est nés à trois jours d'intervalle et on se connaît depuis qu'on a été capables de marcher. Déjà tout petit, arrivant à peine à faire dix mètres sans me retrouver sur mon cul, j'échappais à la surveillance de mes parents pour aller dans son jardin, ou alors, c'était le contraire. Pendant toute notre enfance, et encore maintenant, l'usage principal du téléphone était entre les deux maisons pour une unique question « Tu n'aurais pas vu mon fils ? », alors qu'ils connaissaient la réponse. Au début, c'était suivi par « Tu peux me l'envoyer à telle heure ? » et quand on est devenus plus grand « Ah ! Tu le gardes pour dormir ? Merci ». Tout ça pour dire que nous étions inséparables, pires que des jumeaux fusionnels ou des frères siamois. Malgré tout ça, et que nous nous voyions très régulièrement nus, une certaine pudeur a fait que nous ne nous sommes jamais exercés au touche-pipi, ni aux branlettes ensemble. Chacun regardait l'autre grandir mais nos appréciations concernaient le corps tout entier, et pas uniquement l'arbre fruitier qui pendait entre nos cuisses, je ne me rappelle pas avoir vu Daniel bander, sauf parfois le matin, et encore, on se couvrait vite d'un peignoir en attendant à la salle de bain que « ça se passe » ou que « nous le faisions passer ». Mais, il y a deux ans, tout a changé.
Nous avions donc seize ans tous les deux. Un après-midi, nous étudiions tous deux, sur mon lit, nus comme d'habitude. Enfin, on faisait des efforts pour étudier, car la piscine de mon jardin nous envoyait des odeurs de plage de sable fin, on entendait même le ressac nous appeler, bref, l'eau claire nous tendait ses bras, et nous devions résister, les études d'abord. J'avais aussi un chien, un épagneul breton, Max, qui m'avait vu grandir mais qui devait être opéré, j'attendais donc un appel du vétérinaire pour être rassuré. Mais ce fut ma mère qui apporta les nouvelles, ou plutôt resta en silence dans l'embrasure de la porte, j'ai vu ses yeux, elle avait pleuré, j'ai compris de suite, je me suis levé pour aller pleurer, blotti dans son giron.
Quand je suis retourné vers mon lit pour m'y asseoir, Daniel pleurait doucement, lui aussi, il adorait Max, nous jouions souvent avec notre adorable chien. Les coudes sur les genoux, mes paumes devant les yeux, je revoyais en sanglotant tous les bons moments que Max m'avait apportés. Daniel est venu s'asseoir tout contre moi et a passé un bras derrière mon cou pour me consoler. J'ai senti la chaleur de son amitié m'envahir par ce contact pour la première fois, alors qu'il nous était arrivé bien souvent de nous tenir ainsi. J'ai laissé aller ma tête sur son épaule, je me sentais bien, ce contact entre nous calmait mon chagrin. De sa main libre, il séchait mes larmes du revers de ses doigts, c'était comme une douce caresse. A un moment, j'ai relevé ma tête, l'ai embrassé sur la joue, l'appuyant bien contre ma bouche de ma main, puis j'ai recalé mon visage au creux de son cou, j'avais pu voir qu'il me souriait.
Mon esprit, mon coeur, tout était chamboulé, que se passait-il ? J'étais intimement convaincu qu'à cette minute-même, quelque chose d'important se passait entre nous, sans bien savoir quoi, et ça imprégnait en moi des sentiments contradictoires : le bien-être et l'angoisse de l'inconnu. Nous sommes restés longtemps ainsi, je lui ai ensuite proposé de nous étendre sur le lit, nous avons rangé tous les bouquins de cours, nous n'y aurions de toute façon pas touché. Nous étions face à face dans un silence mêlé de questions tues, de sentiments tacites. Il était à ma gauche sur le lit, tous deux un bras sur l'oreiller pour garder la tête un peu surélevée, il continuait de sa main gauche à caresser mes joues, puis mon visage, mes paupières, la base du front, l'aile du nez, les oreilles, pour s'attarder plus intensément sur mes lèvres. Cette dernière caresse m'électrisait, surtout qu'il suivait son doigt des yeux, surveillant tout frémissement sur celles-ci. J'avais envie de toucher sa peau, mais j'hésitais, n'allait-il pas mal réagir et me repousser si je mettais ma main sur son flanc ? A-t-il perçu cette crainte ? Toujours est-il qu'il a quitté ma bouche pour se saisir de ma main et la déposer sur son corps, juste à l’endroit où j'aurais voulu la mettre, il est ensuite revenu vers mes lèvres, et j'ai embrassé son doigt quand il se trouvait juste sous l'aile du nez. J'ai fermé les yeux quand j'ai commencé à faire glisser mes doigts de ses aisselles à ses hanches, je ne les ai rouverts que quand j'ai pu percevoir ses soupirs de satisfaction. Sa peau était chaude, mes doigt la découvraient pour la première fois, on aurait dit qu'elle pétillait comme un verre de champagne, j'y allais maintenant plus franchement tout en ne dépassant pas la zone que je m'étais impartie. De son côté, il s'arrêtait de plus en plus souvent sur le devant de ma bouche, et chaque fois je déposais un baiser sur son doigt, puis je me suis hasardé à sortir ma langue pour le lécher timidement. A un moment, il a laissé son doigt à la même place, appuyant légèrement, j'ai entrouvert mes lèvres et il a introduit entièrement son doigt dans ma bouche, j'ai commencé à le sucer, à l'aspirer, ne voulant pas qu'il en ressorte, ma langue tournoyait et son doigt explorait tout l'intérieur, d'une joue à l'autre, du dessous de la langue au palais, nous souriions tous les deux. Ma main s'activait de plus en plus, allant plus loin dans son dos et ses reins, et caressant aussi le bord de son torse.
Je me suis soudainement figé, mon corps se paralysait, enfin, pas tout mon corps, juste la partie en-dessous du ventre, je bandais et j'en avais honte, mon visage brûlait, je n'osais même pas imaginer sa couleur. Daniel m'a souri, a pris ma main, et l'a glissée sur son ventre, juste pour me faire savoir que ... lui aussi, puis il a remis ma main sur son flanc. Mes doigts avaient touché son sexe, et on bandait tous les deux.
— Daniel, il faut qu'on arrête.
— Alain, je ne me suis jamais senti aussi bien avec toi depuis que je te connais.
— Mais tu te rends compte qu'on se caresse entre garçons ?
— Et alors ?
— Et qu'on bande tous les deux ?
— Tu n'es pas bien comme ça près de moi ?
— Si, mais ...
— Alain, moi non plus, je ne sais pas ce qui se passe, j'en suis tout autant retourné que toi. Mais on est bien, ce n'est pas le principal ?
— Ne m'en veux pas, mais je ne sais pas où ça va nous mener, et puis, ça va trop vite, laisse-moi me reposer un peu, s'il te plaît.
— Retourne-toi et viens près de moi.
Je lui ai obéi et lui ai montré mon dos, je l'ai senti se coller à moi, il était chaud, et ça m'a apaisé. C'est lui qui, maintenant, caressait mon flanc. Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai fait glisser sa main sur mon sexe qu'il a caressé sans le masturber, et dans mon dos, je sentais sa verge dure dans mes reins, j'ai fermé les yeux et me suis endormi.
C'est mon réveil, réglé à 6h du matin, qui m'a réveillé, et j'ai paniqué. Daniel n'était venu que pour l'après-midi de la veille et j'étais toujours dans ses bras. Je me suis finalement calmé, me disant que le téléphone inter-mamans avait dû fonctionner hier soir. En me retournant pour voir Daniel, je me suis rendu compte que j'avais éjaculé pendant la nuit, autre moment de panique, était-ce sorti tout seul, comme ça m'arrive quand j'oublie ma gymnastique personnelle trop longtemps, ou ... étaient-ce les doigts de Daniel, qui, pendant mon sommeil ... ? Il était déjà réveillé et m'a souri, tandis que je piquais un fard ; il a pris ma main et l'a glissée sur son sexe, tout aussi collant que le mien. Je recommençais à bander, et, comme pour ajouter à mon désarroi, il a approché son visage à toute vitesse du mien et a déposé un baiser rapide sur mes lèvres, avant de rabattre le drap et me chatouiller pour qu'on se lève, le lycée n'attend pas, surtout le prof de math qui abhorre le moindre retard et nous empêche de suivre son cours si nous arrivons en retard. Nous sommes allés à la salle de bain, le sexe bandé et le visage plus rouge que rose, pour y prendre une douche plus que rapide.
Sous l'eau, je n'arrêtais pas de penser au fait que nous avions passé toute la nuit dans le même lit, ce qu'on n'avait jamais fait, mais surtout à maman qui était certainement passée dans la chambre hier soir et nous avait vus enlacés et laissés dormir, vu la tension de la journée. Mon cœur palpitait quand je me suis mis à table pour le petit-déjeuner familial, Daniel étant reparti chez lui, mais les parents n'ont fait strictement aucune allusion. Maman m'a rassuré pour Max, il n'avait pas souffert, son cœur s'étant arrêté sous anesthésie. Papa nous a conduits au lycée, Pierre et moi, Marc au collège.
Daniel y était déjà, surveillant le portail d'entrée, il m'attendait et m'a fait un grand signe de la main. Je me suis surpris à courir plus que marcher pour le rejoindre, et quand je lui ai fait le bisou, mon cœur cognait, que se passait-il dans ma tête ? La journée m'a paru longue, exceptionnellement pénible, pourtant, comme à notre habitude depuis des années, nous étions assis l'un à côté de l'autre. Je devais retenir ma main chez moi, tant elle se sentait attirée par le corps de Daniel. Pour certains cours, la configuration des tables nous permettait de joindre nos genoux, c'était peu, mais déjà énorme. Quand nos regards se tournaient l'un vers l'autre, ils y trouvaient un mélange de bonheur et de gêne, et pour ne pas attirer l'attention, nous fixions obstinément le devant de la salle, nous ignorant mutuellement. Au plus le temps passait, au plus mon besoin impérieux d'être en contact avec lui croissait, la salle du dernier cours de la journée, équipée de tables de deux personnes nous a permis de coller non seulement les genoux, mais aussi les pieds et donc le bas des jambes, et nous ne nous privions pas de les frotter l'une à l'autre, mais j'ai arrêté quand j'ai senti mon entrejambe se réveiller. Daniel se demandait pourquoi, je me suis reculé et lui ai montré ma bosse, il m'a fait signe que lui aussi.
Dans le bus nous ramenant à la maison, nous étions debout, la main agrippée à une main courante verticale. Bien vite, nous les mîmes l'une sous l'autre afin d'établir le contact, un grand sourire s'empara de nos visages. Comme d'habitude, j'ai accompagné Daniel chez lui pour réviser les cours avant le dîner. Au moment de se souhaiter la bonne soirée, Daniel a interpellé son père, me laissant coi.
— Papa, Alain pourrait passer la nuit ici ?
— C'est la première fois que tu demandes ça en semaine, y a-t-il une raison ?
— On aimerait dormir à deux, c'est tout.
— Bizarre ! A deux conditions : couvre-feu à 22h et accord de tes parents, Alain. Retourne dîner chez toi et demande-leur de me téléphoner, d'accord ?
Je suis donc retourné, Marc, mon jeune frère tirait la gueule en me disant que mes parents m'attendaient à la cuisine, je n'ai pas relevé. Au moment d'ouvrir la bouche, face aux parents.
— Alain, d'accord pour ce soir.
— Quoi, le tam-tam a déjà fonctionné ? Demandai-je en souriant.
— Les téléphones fixes fonctionnent à presque 276.000 km/s, tu ne savais pas ?
— Si, mais j'ignorais la vitesse de décrochage de téléphone par le papa de Daniel, ai-je rétorqué en rigolant.
— Sérieusement, on est d'accord pour ce soir, mais dodo à 22h, pas une minute de plus, ça te va ?
— Promis, merci, Papa.
Pendant le dîner, maman a dû me rappeler que la viande se mâchait avant d'être avalée. Marc râlait toujours, tandis que Pierre, mon grand frère n'arrêtait pas de me sourire. De retour chez Daniel avec mon nécessaire de toilette et les habits du lendemain, j'ai embrassé ses parents pour la nuit et sommes montés en chambre. La porte refermée, nous sommes restés, bras ballants, face à face. Tous deux nous voulions, nous espérions, nous languissions d'un désir inconnu, mais nous temporisions, nous atermoyions, nous tergiversions, en bref, nous hésitions tous les deux à faire le premier pas, le premier geste, exprimer le premier mot. Je n'ai rien trouvé d'autre à faire que me déshabiller entièrement devant mon ami, baskets et chaussettes, t-shirt et pantalon ensuite. J'ai tremblé en glissant mes doigts entre le slip et la peau, Daniel fixait impatiemment ma bosse. Le tissu a lentement glissé de mes hanches vers mes cuisses, pour la première fois en seize ans, je me montrais à mon ami, j'exposais ma nudité, je la lui offrais. J'ai attendu qu'il me sourie pour retirer entièrement le slip. A son tour, Daniel s'est effeuillé face à moi, offrant à ma vue une surface sans cesse grandissante de sa peau. Pour toutes les fois où j'avais simplement vu le corps nu de mon ami, maintenant je le regardais intensément, je l'examinais, je l'admirais, mais je n'eus pas le temps de prolonger, d'apprécier, de vénérer, car Daniel s'était collé à moi, ses bras m'avaient emprisonné, sa bouche déposait mille baisers dans mon cou. Le premier moment de surprise passé, je me suis dégagé et l'ai enserré également, les baisers de l'un couraient sur tout le visage de l'autre, se rapprochant de plus en plus des lèvres, pour s'y attarder de plus en plus avant de s'y arrêter, nos respirations s’accéléraient et, le premier, j'ai entrouvert les miennes pour oser ma langue sur les siennes, et nous nous sommes embrassés comme des amoureux passionnés, tandis que nos mains exploraient les dos et même le haut des fesses. Ce baiser profond fut long, adorablement long, nous savions que notre amitié de potes appartenait dès cet instant au passé. Daniel m'entraîna sous la douche où nos mains ont lavé le corps de l'autre, mais pas en même temps pour que chacun puisse apprécier la caresse et l'application de l'autre. Daniel, qui m'avait touché le sexe pendant la nuit n'a pas hésité à me le caresser, le décalotter et le faire durcir, pour moi, par contre, c'était une première, mais mon embarras fut vite emporté par l'envie de toucher sa merveilleuse queue qui réagissait à mes attouchements, m'offrant la vue de son gland rose et brillant que, dans un flash, j'imaginais glisser entre mes lèvres, pensée qui m'a chamboulé.
Nous nous sommes couchés sur les draps, nus, face à face, les doigts caressant le sexe de l'autre, comme pour le photographier en trois dimensions, le graver dans nos mémoires, l'apprivoiser, le faire nôtre.
— Daniel, tu penses quoi de tout ça ?
— Je n'en pense rien, je ne veux pas y réfléchir, je suis bien avec toi, il n'y a que ça qui compte.
— Tu crois qu'on est pédés tous les deux ?
— Je m'en contrefiche, tu es là près de moi, je vis un sentiment très fort pour toi, et à voir tes yeux, je suis sûr que c'est réciproque, que nous faut-il de plus pour être heureux ?
— Tu as raison, pardonne-moi, mais je suis bouleversé.
— Chut ! Viens contre moi.
Nos corps se sont rapprochés, frémissants, les langues se battaient tandis que les mains ne caressaient plus, elles masturbaient, elles voulaient donner du plaisir, faire jouir l'autre plus fort que chacun n'avait jamais joui lui-même en solitaire. Au plus le plaisir montait, au plus les langues s'enfournaient profondément, et elles se sont figées, paralysées par les gémissements qui ne pouvaient sortir de notre bouche, tandis que nos spermes giclaient sur nos corps, nos queues. Malgré l'orgasme, on a continué les caresses, étalant et mélangeant les jus. Une fois calmés, Daniel a pris ma main pour lécher mes doigts, je me suis saisi de la sienne et l'ai imité, puis nous avons recommencé à nous embrasser, mais un toc à la porte et la voix d'André, son papa, nous souhaitant bonne nuit, nous rappela l'heure. Ne pouvant plus prendre de douche, nous avons étalé le sperme encore humide sur nos torses, prêts à dormir dans le fruit de notre plaisir. J'ai fermé les yeux, le sexe de Daniel bien enserré, mes doigts ne pouvant le quitter, par la peur déraisonnable de le voir s'envoler vers d'autres horizons que le mien.
Le matin, nous avons croisé André sur le chemin de la douche, il n'a pas pu ne pas voir que nos corps n'étaient pas « nets », mais il n'a rien dit, nous n'en menions pas large malgré tout. A la fin du petit-déjeuner, Marc nous a rejoints pour partir en voiture avec nous au bahut, il nous a regardés bizarrement, il se doutait certainement de quelque chose. Cette veille de week-end passa relativement vite, nous attendions avec impatience ces deux jours. Quand nous ne pouvions être vus, je glissais fréquemment la main sur sa cuisse, me risquant par moments à malaxer sa bosse qui prenait immédiatement de l'ampleur. Au cours de SVT, il a tellement insisté, malgré mes signes de supplication, que j'ai joui avec un petit cri qui n'a pas échappé aux copains qui se sont retournés vers nous, j'ai simulé une quinte de toux, espérant qu'ils y croient. Par douce vengeance, je lui ai rendu la pareille, mais sa main devant la bouche lui a permis de rester discret quand son jus s'est répandu autour de sa bite.
Dans le bus pris pour rentrer, nous avons pu trouver deux places contiguës, nous tenant des deux mains au siège de la banquette, ce qui nous permettait de nous tenir la main à l'abri des regards tout en discutant de tout et de rien. Nous sommes rentrés chez moi ; nos quatre parents, seuls, nous attendaient, l'air grave.
— Asseyez-vous, les garçons, nous aimerions vous parler.
— A quel sujet ? Ai-je demandé.
— Vous n'en avez aucune idée ? Dit mon père en me lançant une œillade.
— Ben, il se fait qu'Alain et moi, on s'aime bien, à répondu mon ami.
— Vous vous aimez bien ? Rien de plus ?
— Papa, si tu crois que c'est facile d'en parler, dis-je tandis que mes yeux s'humidifiaient.
— Fiston, calme-toi, on ne va pas vous engueuler, on voudrait juste que vous nous en parliez.
— On est amis depuis notre enfance, et on vient de découvrir quelque chose en plus, on a envie d'être tout le temps ensemble, et ...
— Et ?
— Et qu'on aime ... se toucher ... dormir l'un contre l'autre, a déclaré Daniel.
— C'est si difficile pour vous d'en parler ?
— On n'a pas envie de vous nous traitiez de pédés et que vous nous empêchiez de nous voir, ai-je crié en sanglots.
— Mon poussin, arrête de penser à notre place. Tu penses bien qu'on l'avait découvert, et que si cela nous avait horrifiés, on n'aurait pas pris la peine de vous en parler.
— Pardon, Papa, mais on ne pouvait pas le savoir.
— Bonhomme, et si je te disais que nous savions que cela arriverait un jour ? Vous avez toujours été proches, très proches, et vous découvrez des sentiments nouveaux entre vous, c'est normal à votre âge, et ce n'est pas nous qui allons vous mettre des bâtons dans les roues.
— Ça veut dire que vous êtes d'accord pour que nous ... ?
— Pour que vous puissiez faire tout ce que votre cœur vous commandera.
Daniel et moi sommes allés embrasser nos parents, l'ambiance était chargée, on a parlé de nos sentiments et de choses intimes avec nos parents, et nous n'aurions jamais imaginé que ce fût possible. Un avenir différent allait s'ouvrir devant nous.
— Bon, il faut quand même mettre certaines choses au point. Vous aurez envie de faire l'amour, j'insiste pour que vous attendiez le résultat de la prise de sang que vous irez effectuer demain samedi chez notre médecin. Si les résultats sont bons, ce dont je suis convaincu, il faut éviter de faire quoi que ce soit avec d'autres garçons pour éviter tout risque de maladie. Autre chose, il ne faut pas que vos études en pâtissent, ni que votre sommeil en soit altéré. Et enfin, tes frères, Alain ! On en a parlé avec eux, ça ne dérange pas du tout Pierre, par contre, Marc est un peu homophobe, et il considère assez mal votre relation, il faudra en tenir compte. En attendant que ça lui passe, et on s'y emploiera, évitez d'être expansifs devant lui, même si ça vous demande un gros effort.
— D'accord, Papa.
— Comme vos deux chambres contiennent un grand lit, vous dînerez et dormirez un jour chez Daniel, et l'autre ici, ça vous va ?
— Vous êtes vraiment formidables, tous les quatre.
— Vous en doutiez ?
— Non, mais là, on a la plus belle preuve de votre amour.
— Ce week-end, organisez-vous avec les mamans pour déménager une partie de vos vêtements et de vos affaires chez l'autre, on ira acheter ce que vous n'avez pas en double pour éviter de les transbahuter ou de les oublier. Ceci dit, tes frères vont arriver, si vous alliez vous doucher avant le dîner ?
Nous les avons remerciés et embrassés tous les quatre avant de filer vers la salle de bains, si rapidement que nous avons fait un frontal avec Pierre qui venait de rentrer, nous l'avons embrassé très fort, il se demandait pourquoi. Sous l'eau chaude, nous nous sommes plus embrassés que lavés, et tellement nos cœurs étaient à la fête, nous étions incapables de sortir la moindre phrase. Au dîner, l'ambiance était excellente, si ce n'est Marc qui faisait un peu la tronche, ça m'attristait, mais bon, il avait quinze ans, ça lui passerait. Durant le soirée télé, nous nous tenions la main discrètement, du moins jusqu'à ce que Marc nous quitte pour gagner sa chambre ; là, j'ai passé mon bras autour des épaules de Daniel pour le serrer contre moi, peu après nous sommes montés dans ce qui était devenu NOTRE chambre. La porte à peine refermée, nous nous sommes embrassés, puis déshabillés mutuellement. Couchés sur le lit, nos doigts glissaient, pétrissaient, malaxaient, marquaient leur territoire.
Daniel m'a mis sur le dos, bras en croix, et m'a fait promettre de ne pas bouger, quoi qu'il puisse se passer. Il m'a en plus mis une serviette sur les yeux, j'attendais, curieux et impatient, il a écarté mes jambes et s'est agenouillé entre elles.
— J'ai envie de te sucer, mais pour ça, on attendra le résultat de la prise de sang.
— Moi aussi, j'en ai envie, mais tu as raison.
J'avais à peine fini ma phrase qu'il a commencé à me lécher le gland, il a tiré le prépuce très loin vers le bas, me faisant légèrement mal, puis il a léché mon gland comme une boule de glace sur un cornet, descendant avec sa langue le long de ma hampe, puis remontant au méat, je tremblais de bonheur sous cette caresse. Puis il s'est relevé, me laissant seul. Quand il est revenu, j'ai senti un gant de toilette tiède m'humidifier le bas-ventre et l'entrefesse, je n'ai compris ce qu'il voulait faire que quand j'ai entendu du gel de rasage sortir d'une bombe sous pression, il allait raser les poils dont j'étais si fier, j'ai failli lui demander de ne pas le faire, mais je me suis rappelé que j'avais promis de ne rien dire ni faire. Très délicatement il a appliqué le gel sur tout mon entrejambe avant d'attaquer ma pilosité au rasoir, sa douceur et sa délicatesse ont apaisé ma crainte d'être entaillé à un endroit trop fragile. Il m'a ensuite levé les jambes et a répandu le gel entre mes fesses, n'hésitant pas à faire tourner son doigt autour de mon petit trou, ça me rendait fou et il en profitait. Le rasoir a effectué son office, puis Daniel m'a rincé et séché.
— Voilà, maintenant je peux te lécher tout partout sans bouffer tes poils.
Ce qu'il a d'ailleurs commencé à faire, et sa langue m'a fait oublier la perte de ma soi-disant virilité mal placée. J'adorais quand il me léchait la peau de mes noisettes, et encore plus quand il mettait sa bouche contre un de mes testicules et aspirait pour le faire entrer d'un coup dans sa bouche, j'avais l'impression qu'il avalait ma boule et que je ne la verrais plus jamais, mais il la « recrachait » en la serrant entre ses lèvres. Après une demi-heure de ce traitement, il s'est assis à califourchon sur le haut de mes cuisses, je sentais nos bourses se toucher, il a saisi nos deux verges, les a réunies et de ses deux mains les a masturbées l'une contre l'autre, elles ont gonflé en même temps, et c'est dans un puisant geignement commun que nos spermes ont entamé leur ascension pour retomber sur ma poitrine, puis mon ventre. Daniel s'est quasiment laissé tomber sur moi, me coupant la respiration, il a arraché la serviette couvrant mes yeux et sa bouche a foncé sur la mienne, tandis qu'il faisait glisser son thorax sur le mien lubrifié par nos jus d'ados.
— Daniel, tu m'as rendu fou, où as-tu trouvé tout ce que tu viens de faire ?
— Nulle part, mon amour, c'est venu comme ça, j'avais envie de te lécher, mais les poils, ça me débecte, alors j'ai tout rasé, tu ne m'en veux pas ?
— Mais non, je ne t'en veux pas, je peux le faire chez toi aussi ?
— Bien sûr, mais demain, car là, si tu veux bien, je suis à plat.
— Viens contre moi, on va pioncer.
Nous nous sommes endormis, bercés par nos « je t'aime ».